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Brésil : lourde défaite du Parti des travailleurs aux municipales
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Le PT de la présidente déchue Dilma Rousseff a perdu dimanche la principale métropole du pays, Sao Paulo, et des dizaines de villes, au terme d’une journée de vote tendue.
Sa victoire lui aurait offert une stature de présidentiable. Sa défaite devrait le plonger dans l’abîme de la politique brésilienne, confirmant la débâcle de son parti. Fernando Haddad, maire sortant de Sao Paulo, membre du Parti des travailleurs (PT, gauche), considéré comme un héritier prometteur de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) a été éliminé dès le premier tour des élections municipales, dimanche 2 octobre, offrant une victoire écrasante à son adversaire, Joao Doria, du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Du jamais vu dans la capitale économique brésilienne.
Raflant plus de 53 % des voix, contre 16 % pour Fernando Haddad, Joao Doria s’est revendiqué comme le Michael Bloomberg brésilien. Prétendant suivre les traces de l’ancien maire de New York, le millionnaire publicitaire et présentateur télé, fils d’un ancien député exilé sous la dictature, fit campagne en assumant un programme néolibéral à même de séduire la bourgeoisie industrielle pauliste, se présentant comme un entrepreneur à succès et non comme un homme politique, pour appâter les écœurés de la politique. Le candidat « anti-PT » en quelque sorte. « Nous allons redonner à Sao Paulo le rôle qu’elle mérite », a commenté l’élu après la confirmation de sa victoire.
Sao Paulo, ville symbolique, traduit le naufrage du Parti des travailleurs au niveau national. De 630 mairies, le PT n’en récolterait plus que 235 au premier tour, se plaçant en huitième position, selon un premier décompte du quotidien Estado de Sao Paulo. Le parti de Lula, aux commandes de l’Etat pendant treize ans, n’a assuré sa victoire que dans la capitale d’un seul Etat, à Rio Branco, dans l’Acre, aussi appelé le « cul du monde ». A Recife, dans le Pernambouc, le candidat PT Joao Paulo est, de justesse, parvenu à se qualifier pour un deuxième tour.
Gauche jeune et progressiste
A Rio de Janeiro, le PT s’est effacé, laissant Marcelo Freixo, du Parti socialisme et liberté (PSOL) incarner face à l’évangélique Marcelo Crivella la figure d’une gauche jeune et progressiste, pas encore entachée par les scandales de corruption.
Un mois après l’« impeachment » (destitution) de la présidente Dilma Rousseff, le parti de gauche célébré pour avoir sorti de la misère des dizaines de millions de Brésiliens poursuit sa descente aux enfers. Lula, figure mythique du parti, inculpé pour son implication supposée dans le scandale de corruption lié au groupe pétrolier Petrobras, risque la prison. Autrement dit une mise à mort politique. Divers caciques du parti sont déjà derrière les barreaux.
Le PT n’est pas le seul parti impliqué dans cette opération dite « Lava Jato » (« lavage express »), mais l’affaire s’ajoute à la lassitude des électeurs, qui n’ont pas pardonné au parti ses promesses non tenues, en particulier lors du second mandat de Dilma Rousseff. « En étant au pouvoir, le PT s’est renforcé politiquement mais a perdu contact avec la société », a reconnu Fernando Haddad lors d’un entretien avec la presse étrangère, lundi 26 septembre.
Discrédit
« La chute du PT se poursuivra jusqu’en 2018 [année de la prochaine élection présidentielle], voire plus », prédit Lincoln Secco, professeur d’histoire à l’université de Sao Paulo (USP) et auteur de L’Histoire du Parti des travailleurs au Brésil (ed. Du Sextant, 2011). Pis, la déroute du PT plongera toute la gauche brésilienne dans le désarroi, pense-t-il : « Le PSOL tente de se présenter comme le PT des débuts, mais l’histoire ne se réécrit pas. Le discours du PSOL séduit une classe intellectuelle aisée, sans s’enraciner dans les milieux ouvriers, comme l’avait fait le PT. »
Le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre) du président Michel Temer sort conforté de ces élections, en remportant 989 mairies, selon Estado de Sao Paulo. Mais au-delà du rejet du PT, le scrutin témoigne aussi du discrédit qui affecte l’ensemble de la classe politique brésilienne. Quelle que soit l’étiquette, les représentants des grands partis ont essuyé, dimanche, insultes et huées en allant voter.
Pour éviter un déchaînement d’hostilités, le président Michel Temer a même dû modifier à la dernière minute l’horaire de son passage à son bureau de vote dans le quartier de Alto de Pinheiros, à Sao Paulo, tandis que Lula entendait dans son dos « ladrao » (« voleur »). Ainsi, à Sao Paulo, le plébiscite de Joao Doria doit beaucoup à sa stratégie de gommer son appartenance à la caste des élus en s’affichant non comme le candidat d’un parti, mais comme un homme d’affaires, un « travailleur ».




