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La CGT réclame l’embauche de 2000 intérimaires à Airbus
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La santé du secteur aéronautique est florissante pour le capital, et les chaînes de production tournent à plein rendement. Ca embauche en CDI, mais au compte-goutte, après de longues séquences de contrats précaires, quand ce n’est pas sous contrôle du syndicat maison FO…
L’occasion pour la CGT Airbus de réclamer des centaines d’embauches d’intérimaires sur Nantes et Saint-Nazaire (voir le tract ci-contre), revendication évidemment on ne peut plus juste, que le syndicat avance pour contrer la tentation de l’exploitation renforcée, de nouveaux gains de productivité sur le dos des travailleurs, via la flexibilité et la précarité.
Donc bravo !
Mais au risque (une nouvelle fois) d’apparaître comme des grincheux, la position des camarades d’Airbus s’engage dangereusement sur le terrain du capital, du marché, de la concurrence…
« La CGT se félicite du carnet de commande »…
Mais pourquoi donc se « féliciter » ? La conquête des marchés, la guerre économique mondialisée, ce n’est pas notre monde, à nous les exploités. Bien sûr, on peut imaginer que cela va stabiliser l’emploi (ça, c’est l’intérêt ouvrier), mais même pas sûr. Car il peut y avoir délocalisations d’une part (voir l’automobile), et dégradation des conditions de vie et de travail (cela est abordé dans le tract) même dans le cas d’une hausse du carnet de commande. Voir la Navale où les commandes en hausse également sont réalisées dans des conditions de précarité (travail détaché) catastrophiques…
Querelle de mots sans doute, car effectivement il faut savoir utiliser tous les arguments pour exiger les embauches, mais sans se mettre à la remorque du point de vue de la direction… Un syndicat n’a pas à se « féliciter » de la bonne marche de l’entreprise, cela ne pourrait que l’amener à accepter tous les sacrifices lorsqu’il y a des difficultés.
« Relever le défi posé par les montées en cadence »…
Mais de quel défi parle-t-on ? Quel est le défi au juste pour les travailleurs d’Airbus ? La CGT n’a-t-elle pas ainsi tendance là à parler comme le patron ?
« Si le recours à l’intérim peut tout à fait s’envisager dès lors qu’il s’agit de faire face à un besoin ponctuel ou temporaire »…
On voit là la limite de l’exercice : l’embauche des intérimaires n’est justifiée que par la bonne santé de l’entreprise. Autrement dit, s’il n’y avait pas ce carnet de commande, on n’aurait rien dit, et le recours à l’intérim serait légitime…
De plus nous nous permettons de poser la question : pour le capital, dans la situation de concurrence mondiale exacerbée, c’est quoi exactement « un besoin ponctuel ou temporaire ». Ca commence quand, ça finit quand le ponctuel, le temporaire ? Un an, deux ans, dix ans ? Cela n’a rien à voir avec les intérêts des travailleurs, c’est se positionner du point de vue du capital. Pour nous, le développement massif de la précarité, son intégration complète à la gestion de la production (voir l’automobile), la dégradation gravissime des conditions de vie, de travail, les souffrances qu’elle provoque parmi les travailleurs ne peuvent déboucher que sur l’embauche de tous les intérimaires, quelles que soient les situations, l’interdiction de l’intérim même…
La revendication, jugée utopique par certains, fait son chemin. L’USI (Union Syndicale de l’Intérim) qui n’a pourtant pas l’embauche des intérimaires dans son cahier de revendications (« La CGT de l’intérim ne connaît pas la précarité ») mais certains syndicats comme la CGT Randstad commence à revendiquer l’interdiction de l’intérim dans le BTP comme en Allemagne, du fait du grand nombre d’accidents du travail. Certains syndicats du secteur proposent de l’interdire dans les situations à risque (« L'intérim tue : 4 morts à Arcelor Mittal en un an »), à l’instar de ce qui est le cas sur certains postes (utilisation des toxiques chimiques par exemple) et à la réinternalisation de la sous-traitance à EdF...
« Le recours à l’intérim est inadapté pour Airbus car la qualité du travail en dépend ».
C’est encore et toujours se situer du point de vue du capital… Comme si nous, les travailleurs, devions nous mettre à collaborer, main dans la main avec le patron, pour offrir le meilleur produit possible, comme si nous, les travailleurs, devions devenir acteurs de la guerre économique capitaliste, aux côtés de nos exploiteurs, contre les concurrents. Nous ne sommes pas là pour saboter le travail, mais nous ne sommes pas des fayots. Nous sommes là pour gagner notre vie, point barre. Nous n’avons aucune prise sur le reste, sur la guerre économique mondialisée dont nous ne sommes que la chair à canon.
Nous sommes là pour défendre nos intérêts et rien d’autre, pour l’embauche des intérimaires, contre la précarité, la flexibilité, pour la réduction du temps de travail et contre la généralisation des équipes. C’est dans ce combat que nous forgeons notre camp, contre toutes les positions de collaboration de classe comme celles de FO qui sont bien incrustées à Airbus !
Embauche des intérimaires à Airbus et partout !
Ré-internalisation de la sous-traitance !
Une seule classe ouvrière, égalité des droits, un seul statut !
Tous les tracts de ce blog sur l'intérim ICI




