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Pas d’interdiction de la manif’ sauvage des flics à Paris...
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Manifestation sauvage. Avec la loi Travail, ces actions qui ne faisaient pas l’objet de déclaration préalable en préfecture étaient interdites et ont fait l’objet d’une répression policière particulièrement dure pendant les 4 mois de mobilisation. Dans la nuit du 17 au 18 octobre, en plein Champs Elysée, une manifestation sauvage n’a cette fois-ci pas été interdite par la préfecture de Paris. Valls l’a même implicitement soutenu à travers un tweet. La différence, c’est que cette manifestation sauvage… était menée par des policiers.
Des dizaines de véhicules de police sur les Champs-Élysées, au pas, tous gyrophares allumés. Hier soir, lundi 17 octobre, vers 23 heures, ils étaient plus de 500 à manifester via les réseaux sociaux, sans les syndicats. Dix jours après l’attaque de Viry-Châtillon, des agents de tout type de brigades et de services sont arrivés dans un cortège de voitures, déterminés à bloquer l’artère pour faire entendre leurs « revendications », à savoir plus de moyens et d’impunité policière. Parmi les manifestants, certains étaient en service et arboraient leur uniforme.
L’appel à manifester a été communiqué par SMS, et relayé entre agents. Dans le texte était notamment écrit qu’il s’agissait pour les forces de l’ordre de réagir de « façon solidaire », l’actualité leur rappelant « une fois de plus » qu’ils sont des « cibles ». Un appel relayé sur les réseaux sociaux. Ils y dénoncent « une hiérarchie carriériste, des élites syndicales enlisées dans leurs conflits et une justice complètement désintéressée par (leur) sort ». Le lieu de rendez-vous, 23h30 depuis l’entrée de l’hôpital Saint-Louis, où est toujours interné le policier brulé après l’attaque à Viry-Châtillon.
Le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, a lui jugé "inacceptable" et "contraire à leurs obligations" la manifestation nocturne des policiers sur les Champs-Elysées. En l’occurrence, le Direction générale de la police nationale (DGPN) n’est à aucun moment offusqué de la non déclaration préalable pourtant nécessaire à toute manifestation. Le problème serait dû au fait que certains manifestants étaient en service et portaient leur uniforme. Déserter le corps de la police ne serait-ce que pour quelques heures, c’est désobéir à l’Etat auquel il est lié structurellement.
Interdite, réprimé, gazé, nombre de manifestants gardent en souvenir ces manifestations que le gouvernement a interdit. Applaudit par la droite et l’extrême droite, la manif’ sauvage de policier sur les Champs-Élysées est soutenue par le gouvernement. Après la manifestation sauvage, le premier ministre twittait « Seine-Saint-Denis et Val-d’Oise : l’État poursuivra sans relâche ceux qui s’en prennent à nos professeurs, nos écoles, nos forces de l’ordre. » Une façon implicite d’affirmer que l’Etat ne les lâchera pas. Certains policiers y verront une brèche dans laquelle s’engouffrer.
Un deux poids deux mesures toujours plus ouvertement affiché, le gouvernement solidaire de son bras armé. On en attendait pas moins de lui.




