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Comment s’organise la rédaction d’ iTélé dans cette grève qui dure
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
D’habitude, ils relayent les informations mais, depuis une semaine, ce sont eux qui se retrouvent au sommaire de l’actu. Les salariés d’iTélé ont voté ce mardi la poursuite de la grève pour une neuvième journée consécutive. Soit la plus longue mobilisation de l’histoire de la chaîne.
« Dans une rédaction où certains ne gagnent pas beaucoup, chaque jour de grève est un sacrifice », avance un visage connu d' iTélé. « Les gens s’imaginent que tous les journalistes sont des nantis, alors qu’ici il y a des juniors, notamment, qui sont très peu payés », souligne une salariée « non-journaliste » de la chaîne.
Pour aider ceux qui sont le plus en difficulté, une collecte interne a été mise en place ce lundi. Les grévistes, qui distribuent des T-shirts siglés « #JeSoutiensiTélé » en échange d’une contribution libre, disent aussi recevoir des dons spontanés de téléspectateurs Autant de coups de pouces financiers qui pourraient s’avérer très utiles si le mouvement s’inscrit dans la durée.
« Les débats sont parfois vifs, mais il n’y a pas d’énervement »
« L’absence de salaire, j’y penserai un peu plus tard, signale, de son côté, un autre journaliste. Pour le moment, on est dans les revendications. » Mise en retrait de l’antenne de Jean-Marc Morandini, signature d’une charte éthique pour garantir l’indépendance de la rédaction, définition d’une ligne éditoriale claire… Autant de sujets abordés en AG chaque matin. « Tout le monde a droit à la parole. On écoute les contre et les abstentionnistes, raconte un gréviste. Les débats sont parfois vifs, mais il n’y a pas d’énervement. La rédaction est extrêmement soudée. »
Une cohésion sur laquelle insistent tous les salariés d’iTélé que 20 Minutes a rencontré ce mardi. « Il y a beaucoup de monde à la rédaction, confirme un pigiste. On était par exemple nombreux à se réunir l’autre jour pour écouter Antoine Genton [le président de la Société des journalistes (SDJ) d’iTélé] à la radio. Bien sûr, on ne parle pas que de la grève, mais on reste ensemble. » Et de poursuivre : « On se doit d’être présents. On s’est dit qu’on reprendrait le travail en cas de breaking news [d’actu majeure]. » Quoi qu’il en soit, ce mardi, beaucoup resteront au siège d’iTélé, à Boulogne, pour savoir si la rencontre avec la direction a été fructueuse.
« On nous dit "Venez, on fait le point", sous entendu "pour que vous partiez" »
Pour l’instant, la direction semble rester sourde aux revendications de la rédaction. « On est harcelé par les RH [ressources humaines] qui viennent voir les journalistes et disent à ceux qui font grève : "Venez, on fait le point". Evidemment, c’est sous-entendu, "pour que vous partiez" », déplore une figure de la chaîne. Alexandre Ifi, directeur adjoint de la rédaction et Olivier Ravanello, eux, ont déjà fait leurs cartons.
Une clause de conscience a été ouverte par la direction. Elle permet aux journalistes qui le souhaitent de démissionner tout en bénéficiant d’indemnités de départ. Mais nombreux sont ceux qui balayent l’idée d’en profiter, comme cette salariée, déterminée : « J’ai la conviction qu’on peut aller jusqu’au bout. »




