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Pourquoi le «non» du PCF à Mélenchon arrange beaucoup de monde
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Si le patron des communistes, Pierre Laurent a été désavoué, la décision des délégués communistes pourrait aussi arranger ses affaires futures. Tout comme celles d'Arnaud Montebourg... et de Jean-Luc Mélenchon.
Les communistes ont donc dit «non» à Jean-Luc Mélenchon. Enfin presque… Les quelques 500 délégués PCF réunis samedi à la Cité des Sciences à Paris ont choisi à 53% l’option d’une candidature communiste à la présidentielle qui doit encore être approuvée fin novembre par les adhérents du parti. Une décision qui, paradoxalement, arrange beaucoup de monde : à la direction communiste, chez Arnaud Montebourg mais aussi du côté de Jean-Luc Mélenchon.
Une défaite pour Laurent ?
Certes, ce résultat est, à première vue, un désaveu pour le numéro un communiste, Pierre Laurent. En froid avec Mélenchon depuis les municipales de 2014, le secrétaire national des communistes avait livré sa préférence la veille devant quelques journalistes : soutenir sous conditions le candidat de «La France insoumise» plutôt qu’un candidat made in PCF – quitte à le retirer plus tard – qui ajouterait selon lui à la dispersion de la gauche au premier tour de la présidentielle. De fait, chose exceptionnelle au PCF, le patron a été, samedi, mis en minorité.
Est-ce grave pour lui ? Au contraire. La situation peut lui permettre d’avoir in fine ce qu’il recherchait : repousser la décision finale des communistes jusqu’à connaître le paysage final de la gauche dans cette présidentielle. Car si c’est Arnaud Montebourg – visiblement satisfait, samedi, d’apprendre que le PCF tournait le dos à Mélenchon – qui remporte la primaire à gauche, c’est alors une nouvelle option qui s’offrirait aux communistes : celle d’une candidature «d’union des gauches»? comme le propose l’ex-ministre. Exactement ce pour quoi Laurent milite depuis des mois.
La «fumée blanche» Montebourg ?
Le secrétaire national du PCF a cependant un problème de calendrier à gérer : le candidat issu de la primaire ne sera pas connu avant le 29 janvier. Laurent s’est d’ailleurs défendu dimanche, sur France Inter, de vouloir «attendre la fumée blanche» socialiste. Et d’ailleurs, les quelque 50 000 adhérents communistes sont appelés, du 24 au 26 novembre, à approuver ou refuser la décision prise samedi par leurs délégués réunis en conférence nationale. Et s’ils disent «non» à une candidature PCF ? Soit parce qu’ils préfèrent soutenir Mélenchon, soit parce qu’ils se disent qu’une candidature unique de la gauche serait souhaitable ? La direction communiste n’aura plus qu’à repousser une nouvelle fois son choix final, et devrait, cette fois-ci, sans trop de risques, attendre la «fumée blanche» de la primaire à gauche.
Laurent en convient d’ailleurs : «Il est évident que si un candidat socialiste sortait vainqueur de la primaire en affirmant sa volonté de rompre avec les politiques d’austérité qui ont été menées depuis cinq ans, je pense qu’au minimum ça mériterait une discussion avec lui sur la suite des événements». Or, ce n’est pas en soutenant Mélenchon dès le début du mois de décembre qu’il aurait été possible de «discuter»ensuite avec un candidat issu du Parti socialiste, même en «rupture avec les politiques d’austérité» comme Montebourg.
Tout bénéf pour Mélenchon ?
Et Mélenchon ? Il est étrangement silencieux depuis samedi. Pas un tweet, ni un communiqué ou un post de blog ou même un texte sur sa page Facebook… Et pourtant, ce résultat l’arrange. Certes, sans le soutien du PCF, il va devoir cravacher davantage pour obtenir ses 500 parrainages obligatoires pour être sur la ligne de départ présidentielle. Mais pour un candidat qui se dit «hors cadre de parti», qui dénonce les «magouilles et les ententes en demi-teinte» entre appareils politiques et ne croit plus au «rassemblement de la gauche»comme préalable à une campagne, ce «non» des cadres PCF est une victoire.
Le député européen ne voulait plus s’embarrasser de discussions politiques et tractations avec l’appareil de la place du Colonel-Fabien. Il s’en trouve donc libéré pour pouvoir s’adresser directement à «[s]es copains communistes à la base» dont une partie fait déjà sa campagne sous l’appellation «communistes insoumis». Attirer «la base» sans s’embarrasser des cadres : c'est tout bénef pour lui. D’ailleurs, beaucoup avait été fait pour empêcher la direction communiste de le soutenir. Un confidentiel dans le Point, où il traite les communistes d'«abrutis» – il a depuis démenti avoir prononcé le mot – ou encore un projet de charte pour les candidats aux législatives qui interdit toute liberté de vote dans l’hémicycle aux futurs députés, ce qui est le cas pour les parlementaires PCF depuis les années 90.
«Malheureusement, je pense qu’il y a une exaspération d’une partie des communistes devant les portes claquées et les mots parfois un peu cinglants de Jean-Luc Mélenchon y compris à notre égard, s’est permis Laurent dimanche matin. Ils ont le sentiment parfois que Jean-Luc, au lieu de nous aider dans cette tâche (d’union à gauche), la ralentit plutôt». Sur son blog, mercredi, quelques jours avant le vote des délégués PCF, il s’interrogeait sur le soutien possible des communistes à Montebourg : «Qu’est-ce que les communistes peuvent bien lui trouver ? […] Je finis par soupçonner que son principal talent à leurs yeux me concerne : lui, ce n’est pas moi. Et quand “n’importe qui sauf Mélenchon” est la ligne officielle, on se retrouve vite à manger des pierres faute de bon pain». Lui et ses proches ciblent déjà le programme de Montebourg. Reste qu’il n’est jamais bon, pour un responsable politique de gauche, d’essuyer le refus d’anciens camarades et prendre le risque que «l’union» se fasse ailleurs qu’autour de soi.




