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Le suicide des agriculteurs multiplié par trois en 2016
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le nombre d’agriculteurs en détresse ne cesse de croître face à la crise que connaît leur secteur. La Mutuelle Sociale Agricole décide de renforcer son dispositif de prévention.
La rédaction d’Allodocteurs.fr France Télévisions Mis à jour le 13/10/2016 | 17:26 publié le13/10/2016 | 17:26
Au premier semestre, la permanence de prévention du suicide chez les agriculteursAgri’écoutes a reçu 1.700 appels, soit une moyenne de 285 appels par mois contre une centaine par mois sur la même période, en 2015. Ce quasi-triplement est toutefois relativisé par la Mutualité sociale agricole(MSA), qui rappelle notamment que ce dispositif lancé en octobre 2014 n’a commencé à être connu qu’à compter des mois de mars/avril 2015.
Crise existentielle
L’importante crise économique agricole mène parfois les agriculteurs à s’interroger sur leur utilité. « Il y a une interrogation dans les campagnes sur le sens de notre métier : on est là pour faire quoi? », a déclaré Pascal Cormery, président de la MSA lors d’une conférence de presse mardi, allant jusqu’à évoquer une « résignation complète » des membres de la corporation. « Beaucoup de mes collègues me disent : Est-ce qu’on a vraiment besoin de nous ? Est-ce qu’on sert vraiment à nourrir la population? », ajoute M. Cormery.
354 euros par mois
Autre signe de la précarité croissante dans le monde paysan, l’explosion de la demande de primes d’activité, le nouveau dispositif pour les travailleurs à revenu modeste qui a remplacé le RSA activité. Alors que la MSA attendait 60.000 demandes pour l’ensemble de 2016, elle en est déjà à 200.000 depuis le début de l’année.
L’explosion des demandes s’explique assez facilement : en 2015, 30% des agriculteurs imposés au régime réel ont eu des revenus équivalents à 354 euros par mois. En 2014, ils étaient 18% dans cette situation, relève la MSA, inquiète de l’évolution pour 2016, alors que les chiffres concernant les récoltes de l’année n’en finissent pas de dégringoler.
Les hommes ont du mal à se confier
Si, au départ, les exploitants étaient les plus nombreux à appeler pour se confier, la MSA note que ce sont désormais le plus souvent les épouses qui contactent Agri’écoutes. « Les hommes ont sans doute plus de pudeur, ou de fierté. Il est très difficile de s’avouer qu’on est en échec professionnel », explique Michel Brault, directeur général de la MSA. « Lorsqu’il n’y a plus de revenus qui rentrent, un fort endettement, l’homme n’ose plus appeler. Il se réfugie dans le travail, ne s’occupe plus des papiers, des échéances, c’est le conjoint qui est confronté à cela », ajoute-t-il.
Un dispositif riche de 900 travailleurs sociaux
« L’enjeu pour nous, c’est de passer d’une cellule d’écoute anonyme à la prise de contact directe pour pouvoir accompagner l’agriculteur », souligne M. Brault. Pour y répondre, le directeur général de la MSA compte sur ses 900 travailleurs sociaux présents sur tout le territoire mais s’inquiète des « départs en retraite » en affichant la crainte « qu’ils ne soient pas remplacés ».
Concernant le dispositif de remplacement gratuit mis en place par le gouvernement pour permettre aux exploitants de souffler, M. Brault affirme qu’assez « assez peu d’agriculteurs ont demandé à en bénéficier ». « L’agriculteur ne ressent pas le besoin de partir en vacances, pour lui, c’est un sentiment de fuite devant ses problèmes. »




