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Un centre d’accueil pour migrants, antichambre vers l’expulsion ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Quatre Soudanais hébergés dans une structure d'hébergement du Loir-et-Cher y ont d'abord été assignés à résidence, avant d'être placés en rétention en vue d'un transfert vers l'Italie.
C’est une mauvaise publicité pour un dispositif d’accueil vanté comme«humanitaire» et «inconditionnel» par les ministères de l’Intérieur et du Logement. Quatre migrants soudanais, évacués d’un campement de fortune parisien au mois de juin et relogés dans un Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Blois (Loir-et-Cher), ont d’abord été assignés à résidence dans le département du Loir-et-Cher avant d’être placés au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
Les autorités françaises souhaitent les renvoyer vers l’Italie, où ils ont été enregistrés au moment de leur arrivée en Europe, et donc en théorie compétente pour l’examen de leur demande d’asile. Un vol au départ de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en direction de Turin était même prévu jeudi à l’aube, mais les Soudanais s’y sont opposés. Ils sont toujours en rétention en attente d’un prochain vol et leur embarquement pourrait alors se faire de force.
Un cas édifiant
Le cas de A., 25 ans et arrivé en France le 29 mai 2016, est édifiant. L’homme a raconté aux bénévoles de la Cimade, l’association intervenant au Mesnil-Amelot, avoir bénéficié d’une opération d’évacuation d’un campement de fortune parisien au mois de juin, puis avoir été relogé au CAO de Blois (celui-ci avait été ouvert en octobre 2015, comme le racontait La Croix). A. demande l’asile en France à la préfecture du Loiret le 27 juin. C’est là que les autorités se rendent compte que le Soudanais apparaît déjà dans le fichier européen Eurodac. Il a été enregistré par les autorités italiennes, qui doivent donc prendre en charge sa demande d’asile. Le 6 juillet, une procédure de réadmission est enclenchée par la France.
Les choses s’accélèrent le 3 octobre quand A., comme ses compatriotes, se voit signifier un arrêté de transfert vers l’Italie et une assignation à résidence dans le département du Loir-et-Cher pour une durée de six mois. Tous les jours, il doit pointer au commissariat de Blois entre 9 heures et 12 heures. La procédure lui est traduite par un assistant social du CAO, qui signe même les documents de la préfecture. Cette dernière s’appuie, sans ambiguïté, sur le fait que l’homme dispose d’une adresse au centre d’hébergement.
Une image ternie
Il y a deux jours, le 23 novembre, la préfecture décide de placer A. au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot. Le groupe s’est opposé à son transfert, prévu par un vol Paris-Turin jeudi, mais de nouvelles tentatives pourraient avoir lieu. Depuis, deux des quatre Soudanais ont pu formuler un recours devant le juge des libertés.
Cet exemple de «dublinage», c’est-à-dire d’application du règlement européen de Dublin qui fixe la responsabilité de l’examen de la demande d’asile au pays de «première entrée», n’est pas nouveau. Le recours à l’assignation à résidence au sein même d’un centre d’accueil est en revanche beaucoup plus troublant et pourrait ternir l’image de ces structures sur lesquelles les pouvoirs publics comptent beaucoup pour convaincre les migrants de quitter les bidonvilles et de demander l’asile en France.
Contactés, le ministère de l’Intérieur et la préfecture du Loir-et-Cher n’avaient pas répondu à nos sollicitations vendredi en fin de journée.




