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Cazeneuve: portrait de l’homme le plus sinistre de la République
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L’annonce de la candidature de Manuel Valls suite au désistement de François Hollande a engendré un remaniement ministériel pour les quelques mois qui vont suivre. Signe de la crise de régime que la Vème République traverse, la candidature du Premier ministre aux primaires de la gauche a contraint Hollande à un remaniement. C’est donc vers son homme de main du quinquennat qu’il s’est tout naturellement tourné : Bernard Cazeneuve. En effet, l’ancien ministre de l’intérieur, désormais s’est illustré ces cinq dernières années par son zèle au service du tournant bonapartiste du régime.
Boris Lefebvre
De Beauvau à Matignon
Manuel Valls entré dans la compétition des primaires à gauche laisse sa place de Premier ministre vacante. C’est Bernard Cazeneuve qui le remplace au pied levé comme il avait déjà remplacé Jérôme Cahuzac aux finances quand ce dernier avait démissionné suite à la découverte de ses comptes en Suisse. Ce dévoué collaborateur de Hollande va donc prendre la tête du gouvernement pendant 5 mois, la plus courte période d’exercice jamais connue sous la Vème République. Le choix de Hollande est sans ambiguïté. En choisissant Cazeneuve, Hollande a fait le choix de la continuité pour sa fin de règne. C’est un Hollandais pur jus, Bruno Le Roux, président du groupe PS à l’Assemblée qui remplace le ministre de l’Intérieur.
De Sivens à Calais
Nommé place Beauvau en remplacement de Manuel Valls en avril 2014 suite au remaniement ministériel décidé après la défaite du PS aux élections municipales, Bernard Cazeneuve n’a pas tardé à réaliser son premier fait d’arme. En octobre 2014, le premier flic de France, est le premier responsable de la mort du militant écologiste Rémi Fraisse, tué par la gendarmerie sur le site de Sivens dans le Tarn. En tant que ministre, il porte la responsabilité politique de ce crime d’État prémédité comme le montre le dispositif opaque que la gendarmerie avait déployé pour réprimer les manifestants contre le barrage de Sivens. Désormais, les responsables sont tous à Matignon.
Un an plus tard, c’est encore à Cazeneuve qu’on confie la délicate mission de museler les libertés par l’intermédiaire de l’état d’urgence. Chargé d’appliquer la législation d’exception sur tout le territoire, Cazeneuve est donc responsable des milliers d’interventions inutiles pour combattre le terrorisme, de la répression des manifestations contre la Cop 21 et de la répression contre les manifestants contre la loi travail et son monde. Entre renforcement des prérogatives de la police depuis l’état d’urgence et violente répression des manifestants, Cazeneuve traîne derrière lui un lourd bilan en terme de répression. La CGT Info’com avait même condamné « Les tonfas et le gaz lacrymo » qui pleuvaient sur les manifestants, notamment à Rennes où la répression a été particulièrement sévère. Dans le panel des atteintes à la liberté, son action a grandement contribué à renforcer le tournant bonapartiste du régime amorcé par Valls et par la loi renseignement.
Cazeneuve est aussi l’artisan de la gestion de la crise des migrants. Chargé de démanteler la jungle de Calais, l’ex-ministre de l’intérieur est responsable de l’instrumentalisation de la détresse des migrants ayant fuit les conséquences de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient. C’était à coup de bulldozer qu’il comptait enterrer le problème après avoir tenté de le faire à grand renfort de CRS et de gendarmes.
Continuité du tournant bonapartiste
Dans le sillon de l’affaire de Viry-Châtillon et après avoir renforcé les moyens répressifs de la police et à ainsi répondu aux attentes réactionnaires d’une police qui matraque en toute impunité. « Les policiers sont compris », a déclaré Bernard Cazeneuve suite aux manifestations de nuit successives des policiers frustrés de ne pas pouvoir réprimer encore davantage. Voilà qui en dit long sur l’homme.
Un même travail réactionnaire guide son action depuis l’interdiction des manifestations pro-palestiniennes de l’été 2014 à la crise des migrants en passant par l’état d’urgence et la mort de Rémi Fraisse. Cazeneuve n’est donc là que pour assurer la continuité du pouvoir avant de devenir avocat d’affaire en juin prochain. Son action lors des derniers mois du quinquennat de Hollande ne va pas imprimer de nouvelle dynamique mais va au contraire prolonger la politique répressive du gouvernement. En attendant que le président suivant fasse de même ?




