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Ecopla: les machines de l’usine en voie de déménagement
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
A la surprise générale, deux camions envoyés par le repreneur italien sont arrivés mardi à Saint Vincent de Mercuze pour récupérer les outils. Les ex-salariés se mobilisent, sans pouvoir s'y opposer.
«Le tribunal dit non, pas nous.» Accrochée à l’entrée de l’usine de Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère), la banderole commence à dater, mais la lutte des Ecopla reste vivace. Ce mardi, vers 9h, les anciens salariés du fabricant de barquettes en aluminium, placé en liquidation judiciaire en mars, ont été alertés par des habitants, voisins du site : un camion immatriculé en Italie venait de quitter les lieux, pourtant cadenassés depuis octobre. De quoi faire craindre au collectif des ex-Ecopla, toujours mobilisé pour la reprise de leur activité, un déménagement imminent du matériel par le repreneur partiel, l’Italien Cuki Cofresco.
En fin de matinée, ils étaient une petite centaine à faire face à la quinzaine de gendarmes déployés pour éviter tout débordement. Objet d’un feuilleton au tribunal de commerce de Grenoble durant six mois, Ecopla est devenue un symbole de prédation financière. Lancée en 1960, l’entreprise dominait le marché français et fournissait les gros industriels de l’alimentation. Mais les rachats successifs ont mis à mal les comptes de la société, siphonnant sa trésorerie au point de provoquer son placement en liquidation judiciaire.
Récupérer les machines
Depuis, une quinzaine des 77 licenciés d’Ecopla se battent pour la création d’une Scop, qui leur permettrait de relancer la production en embauchant une vingtaine de salariés, puis une trentaine supplémentaire d’ici trois ans. Face à eux, un de leurs concurrents européens, Cuki Cofresco. Ce dernier a proposé 1,5 million d’euros au juge grenoblois pour solder le coût de la fermeture de leur site et récupérer les machines, laissant les employés sur le carreau. C’est ce projet de démantèlement qu’a retenu le tribunal, malgré les différents recours des ex-Ecopla.
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Si Cuki Cofresco s’apprête donc aujourd’hui à embarquer presses et outils, c’est bien qu’ils lui appartiennent légalement. «On se doutait qu’ils n’allaient pas tarder à venir. S’ils sont dans leur bon droit, pourquoi se cacher ?» interroge Josiane Chaix, ancienne assistante administrative d’Ecopla. Elle vient de faire à pied le tour de la clôture : impossible de voir quoi que ce soit, les rideaux des quais de chargement ont été refermés. «Le camion parti ce matin, il a pris quoi?, ajoute-t-elle. Théoriquement, ils sont là pour prendre des machines, ils n’ont pas racheté l’intégralité du fonds de commerce. Mais qui nous dit qu’ils ne vont pas emporter le fichier clients ou des plans du bureau d’étude ?»
Buffet de campagne
Pour s’en assurer, les anciens salariés ont appelé en renfort le mandataire chargé de la liquidation, Me Masselon, qui finit par arriver vers 13h30. Il a été convenu qu’il entre dans l’usine avec deux Ecopla pour un inventaire, au jugé, de ce qui a été déplacé, de ce qui a disparu ou non. Un gradé de la gendarmerie doit les accompagner, mais il tarde à venir. Christophe Chevalier, l’un des membres du collectif Ecopla Scop, parvient à arracher un sourire à Me Masselon : «On va mettre un cadenas, pour les laisser dedans, hein ? »
Puis l’homme s’adresse à un gendarme : «J’ai l’impression que c’est moi le voyou. On va attendre combien de temps, là ?» Le flic : «Je sais, vous et moi, on est là depuis tôt…» Christophe Chevalier : «Moi, je suis là depuis seize ans ! Et j’ai eu droit à 10.000 euros de prime d’indemnité !»On demande à Me Masselon s’il était au courant de la venue des Italiens : «Sur le principe, je n’étais pas contre le fait qu’ils rentrent, répond-il. Oui, nous avons eu des échanges préalables à ce sujet, mais je ne savais pas que ce serait aujourd’hui…» La grille finit par s’ouvrir, sous les cris «Ecopla vivra !» La CGT installe un petit buffet de campagne sur le bord de la départementale. Pain, fromage du coin, vin chaud et café. Les gendarmes ont l’air envieux.
«Des rondes cette nuit?»
Deux heures plus tard, la délégation emmenée par Me Masselon réapparaît au portail. Christophe Chevalier prend la parole : «Il faut s’attendre à ce qu’ils déménagent incessamment sous peu. Ils mettent des outils sur palette et il y a un camion-plateau. Mais c’est sûr que ça ne partira pas aujourd’hui. Nous allons étudier la possibilité d’une plainte, ils auraient dû prévenir le liquidateur judiciaire. Ce qu’il y avait dans le camion parti ce matin, je suis incapable de vous le dire. La version papier du fichier clients était encore dans les tiroirs. Si les serveurs ont été pillés, je ne peux pas le dire. Des scellés vont être posés sur les portes de ces bureaux.»
Karine Salaün, l’autre ex-salariée qui a fait la visite, ajoute : «C’est difficile d’être précis en faisant un tour rapide d’un lieu qui fait 6000 m2…» La foule qui les entoure demande : «Est-ce qu’on reste là ce soir ? On va prendre les fusils ? [rires] On fait des rondes cette nuit ? Ou est-ce qu’on attend une nouvelle alerte ?» Christophe Chevalier explique que le collectif devrait rapidement se réunir pour en décider. Puis il remercie et apaise : «Ça fait chaud au cœur de vous voir ici. Mais notre lutte est honorable depuis le début, on n’a pas envie qu’elle change de visage.»




