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Pour surclasser Macron, Mélenchon veut «fédérer» «prolos» et «bobos»
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Dans une interview accordée à Marianne, à paraître ce vendredi, Jean-Luc Mélenchon écarte toute idée de rapprochement avec Emmanuel Macron, mais garde ouverts les bras vers son électorat.
«Vous allez voir, ça va être rock'n roll», prévient Mélenchon. Les sondages se suivent et la tendance se confirme: face à la déception persistante d'une partie de l'électorat du Parti socialiste, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon tiennent les premières places à gauche dans les études d'opinion. Le candidat de la France insoumise l'assume, à bientôt 66 ans, il joue son va-tout dans cette présidentielle. L'émergence de candidatures fortes hors des partis traditionnels, et l'adhésion de la base communiste à sa candidature, valident une stratégie sans concessions,qualifiée d'«aventure solitaire» par ses détracteurs. Face à la progression de l'hypothèse Emmanuel Macron, seul candidat actuellement en situation de l'emporter au second tour à gauche dans les enquêtes d'opinion, un duel de rêve se dessine pour Jean-Luc Mélenchon: une lutte à mort entre deux visages irréconciliables de la gauche. Et plutôt que de céder le moindre pouce de terrain aux sirènes du rassemblement, il n'envisage, dans les colonnes de Marianne à paraître ce vendredi, qu'une seule issue: «être assez fort pour devenir un recours».
«Le siècle va commencer en 2017 si je suis élu», croit-il savoir. Rien que ça. «Le bruit et la fureur» de 2012 ont laissé place à l'affichage d'un optimisme musclé, et surtout au souci de réunir un électorat de gauche qu'il sait partagé entre «bobos» et «prolos». «Les fédérer sûrement, oui! L'un et l'autre trouvent leur compte dans mon programme. Quand j'avance la sécurité sociale intégrale, c'est pour tout le monde. Quand je propose la planification écologique, c'est pour tout le monde. La paix, ou l'eau bien commun, de même. Faire reculer ou éradiquer les causes de la malbouffe, c'est pareil: tout le monde mange. Voilà des exemples», explique l'ancien sénateur. L'ancien ministre prévient: «Fédérer, cela signifie que l'on ne renonce à rien de ses propres préoccupations et aspirations, mais qu'on observe où et comment elles peuvent converger avec celles des autres».
«Ne me demandez pas comment je vais parler aux électeurs d'Emmanuel Macron, il n'en a pas. Il y a simplement des gens qui s'intéressent à lui»
Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise
Pas question pour autant de céder aux appels de certains cadres à gauche qui rêvent de voir forger un arc progressiste joignant la gauche, de «Macron à Mélenchon», seul espoir de sauver une présidentielle donnée perdue d'avance. «Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire, “rassembler la gauche”, quand on ajoute “de Macron à Mélenchon”? Entre la pensée économique de Macron et la mienne, il y a une telle différence... Ce serait clownesque», tranche le fondateur du Parti de gauche, qui a déjà fermé la porte à tout rapprochement avec un candidat socialiste. «Ne me demandez pas comment je vais parler aux électeurs d'Emmanuel Macron, il n'en a pas. Il y a simplement des gens qui s'intéressent à lui», assène Jean-Luc Mélenchon.
A l'instar de Marine Le Pen, qui a fermé le débat sur l'opportunité de nouer des rapprochements entre le FN et une partie de la droite, Jean-Luc Mélenchon n'acceptera que des ralliements, mais aucune négociation d'appareil. «Pas d'alliance? Qui m'en propose? J'accueille qui rejoint le programme. C'est une question de sérieux (…) Mon raisonnement depuis le début est qu'on ne peut construire une dynamique d'adhésion populaire que dans la durée. C'est pourquoi j'ai démarré il y a un an. Tous les commentateurs l'admettent: désormais, pour moi, un socle solide est construit. Je serai donc fort fin janvier, quand on connaîtra tous les candidats. Une conviction populaire monte: la vie ne peut pas continuer comme elle est», tranche le candidat de la France Insoumise. En attendant, Jean-Luc Mélenchon consacrera son jeudi soir à parler aux «prolos» plutôt qu'aux «bobos», puisqu'il est attendu pour un meeting à Florange, en Moselle.




