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Le projet européen de Hamon rejeté par Mélenchon
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Il faut dire que c'est complètement bidon son projet bidon d'Europe sociale ! Hamon se fout vraiment de la gueule du monde !
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Le candidat du PS rencontre ce samedi le Premier ministre portugais. Et présente son projet pour l'Europe, point de discorde fondamental avec Jean-Luc Mélenchon.
Bien sûr, il s'agit avant tout de se construire, comme on dit, une stature internationale, mais Benoît Hamon le reconnaît lui-même : ce passage par lePortugal est un voyage d'"inspiration". Et pour cause, le Premier ministre socialiste Antonio Costa, qu'il rencontre ce samedi 18 février, a accédé au pouvoir fin 2015 après avoir conclu des accords de soutien, sur un programme anti-austérité, avec le Bloc de gauche et les communistes... de quoi donner des idées.
"La gauche portugaise, c'est un gouvernement socialiste soutenu par un bloc, ils ont démontré qu'on pouvait sortir de l'austérité et concilier progrès économique et progrès social", a expliqué Benoît Hamon en arrivant au lycée français de Lisbonne, première étape de sa visite. Mais, face aux journalistes qui le pressent, il précise sa pensée : Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul à l'obséder.
"Ce que je veux faire, c'est construire un arc d'alliances à partir duquel nous allons pouvoir reconstruire l'Union européenne", déclare-t-il.
4 axes de relance de l'UE
Reconstruire l'UE ? Benoît Hamon présente cet après-midi ses quatre propositions, "premières briques de ce qui pourrait être une stratégie de relance de la construction européenne" :
- Une relance de l'investissement plus efficace que le Plan Juncker, mal conçu
- Un plan européen sur la transition énergétique, sur le modèle de la communauté européenne du charbon et de l'acier (à l'origine de la construction européenne)
- La mise en place d'"une nouvelle Défense européenne"
- La signature d'un nouveau traité budgétaire qui créera un parlement de la zone euro ; Benoît Hamon, qui se rendra à Berlin avant le premier tour, reconnaît que cela fera l'objet d'un "dialogue compliqué avec l'Allemagne".
Ce dernier point est le cœur du projet. Selon l'économiste Thomas Piketty qui a rejoint son équipe, cette assemblée de la zone euro serait composée de députés nationaux, en proportion de la population de chaque pays. L'objectif est de sortir du huis clos des Eurogroupes, où les ministres des Finances de l'union monétaire s'approprient des décisions aussi importantes que la dette grecque ou l'harmonisation fiscale.
"Rien n'est plus hasardeux que de penser continuer comme avant mais en habillant différemment", a déclaré Benoît Hamon, en allusion à Emmanuel Macron qui souhaite rassurer les Allemands en poursuivant la réduction de la dépense publique et la réforme du marché du travail plutôt que toucher aux traités budgétaires... comme François Hollande avant lui.
Mélenchon pas convaincu sur l'Europe
Si l'alliance des gauches européennes sera une gageure, que dire de celle des gauches françaises ? Jeudi soir, 10.000 électeurs de la primaire EELV ont voté pour l'engagement des discussions Hamon-Jadot-Mélenchon. Un accord entre le PS et EELV semble proche et pourrait être officialisé en début de semaine, voire dès lundi, selon les équipes des deux camps. Investi début novembre par les écologistes, Yannick Jadot plafonne depuis à 2% d'intentions de vote.
Quelques heures après son coup de téléphone avec Jean-Luc Mélenchon, vendredi, Benoît Hamon a semblé agacé face aux questions incessantes portant sur l'avancée des discussions. "Nous avons discuté plusieurs minutes, nous nous verrons mais vous n'en saurez pas plus parce que nous ne voulons ni lui, ni moi, feuilletonner cet épisode", a-t-il fini par lâcher. "Le rassemblement de la gauche, ce n'est pas du théâtre".
Le matin même, il avait reconnu que "ce ne sera pas facile" de discuter avec le candidat de La France insoumise. Les discussions programmatiques pourraient bien justement capoter sur la question européenne : à en juger par son post Facebook ce samedi matin, Jean-Luc Mélenchon ne semble pas du tout convaincu par l'idée d'un parlement de la zone euro, "invention technocratique" tout droit sortie "des vieux cartons du PS"...
"Est-ce une façon de créer un problème insurmontable entre nous en 2017 ? Alors autant s'épargner les simagrées unitaires actuelles ! S'agit-il d'un projet pour mettre d'accord entre eux tous les PS de France et d'Europe ? Pas avec nous", assène-t-il.




