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Communiqué de cheminots du NPA de la gare Saint-Lazare
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Communiqué de cheminots du NPA de la gare Saint-Lazare (RP)
Un suicide à la Gare Saint Lazare : la direction de la SNCF pointée du doigt.
Les cheminots de Paris Saint-Lazare ont appris le samedi 11 mars, très tôt le matin, le suicide d’un collègue et militant syndical de SUD-Rail, Édouard, à la sortie des quais de la gare. L’émotion a été immense, surtout que celles et ceux qui le connaissaient savaient aussi la longue histoire des harcèlements de la direction à son encontre. Edouard était agent de maîtrise et parce qu’il résistait et dénonçait des pratiques nuisibles, la direction avait rapidement cherché à l'isoler, à le retirer de son poste il y a déjà 5 ans. Le harcèlement a continué contre un militant qui a utilisé son mandat au CHSCT entre autres pour souligner les contournements, par la Direction, de la réglementation sur des procédures de sécurité. A partir de là, la direction l'a eu dans le viseur. D’où une longue lutte juridique, une victoire deux fois en prud’hommes, la dernière que la Direction avait réussi à faire casser en cassation pour simple vice de forme (et pas sur le fond), mais obligeant ce camarade à rembourser les 50 000 euros qu’il avait gagnés. Ce sur quoi relance des procédures contre lui, mutation disciplinaire... L'acharnement jusqu'au bout.
La réaction de ses collègues, après le choc, a été l’écoeurement et la colère à l’endroit de la hiérarchie, qui dès la fin de matinée samedi a dépêché des chefs en nombre auprès des cheminots, pour prendre la température mais aussi et surtout pour tenter d’arracher des témoignages sur les prétendues faiblesses de santé ou difficultés sentimentales d’Edouard, qui permettraient à la hiérarchie de se couvrir et de décliner toute responsabilité ! Bien des cheminots ont eu le réflexe de refuser de leur parler.
Un rassemblement se prépare, qui aura probablement lieu mardi, à l’appel des organisations syndicales SUD-CGT et FO, pour exprimer l’émotion, rendre hommage au camarade disparu, mais aussi pour dénoncer des pratiques répressives qui s’exacerbent.
Le climat est lourd contre la politique de la direction : ce dernier drame s’ajoute à une suite importante de harcèlements de cheminots et militants syndicaux, de demandes d’explication et sanctions, ce à quoi s’est ajoutée, il y a quelques mois à peine, la découverte d’une vaste entreprise de flicage des salariés - dont la grande presse s’était faite l’écho. Politique répressive qui accompagne des restructurations lourdes en suppressions de postes et en aggravation des conditions de travail.
Les cheminots de Saint-Lazare sont bien conscients du caractère général et endémique de telles pratiques répressives, dans d’autres secteurs de la SNCF comme dans d’autres entreprises du privé ou du public. Licenciements ou suppressions de postes, harcèlement au travail, chasse aux militants jusqu’à en acculer certains et certaines au suicide... Cela ne peut pas durer. Contre cette politique doit s’organiser et s’amplifier l’action collective.




