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Manifestations à Montréal après échec des négociations dans le conflit étudiant

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Brève publiée le 1 juin 2012

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

MONTREAL, 01 juin 2012 (AFP) - Plusieurs milliers de personnes armées de casseroles ont manifesté jeudi soir dans les rues de Montréal, de façon calme mais déterminée, quelques heures après l'échec des négociations entre le gouvernement québécois et les responsables étudiants sur la hausse des frais de scolarité.

Les négociations dites "de la dernière chance" ont capoté au quatrième jour des pourparlers, ce qui risque d'aggraver la crise sociale dans la province francophone.

La manifestation principale du centre-ville, regroupant près de 2.000 personnes, a dès le départ été déclarée illégale par la police car son trajet n'a pas été communiqué à l'avance. Les forces de l'ordre la toléraient néanmoins tant qu'elle ne débordait pas.

Deux autres manifestations ont également démarré à d'autres endroits de la ville et les trois cortèges se sont rassemblés en milieu de soirée. Des groupes de marcheurs ont également été signalés dans des quartiers périphériques.

Selon la presse locale, les protestataires étaient au total environ 10.000.

"Il y a une suspension des négociations", avait indiqué plus tôt le Premier ministre libéral Jean Charest, un peu plus d'une heure après l'annonce de "l'impasse" par sa ministre de l'Education, Michelle Courchesne.

"Evidemment, nous sommes déçus. J'aurais de loin préféré que nous puissions en venir à une entente mais malheureusement, et malgré le fait que les discussions ont été somme toute, je dirais, assez constructives, il y a un important fossé qui sépare toujours le gouvernement et les représentants des associations étudiantes", a déclaré le Premier ministre.

Ces négociations avaient débuté lundi et visaient à trouver une sortie du conflit sur les frais de scolarité qui dure depuis le 13 février.

Auparavant, les dirigeants étudiants ont affirmé que le gouvernement avait rompu les pourparlers pour des raisons politiques, "partisanes" et pour protéger "son ego".

Le gouvernement a indiqué que "pour des raisons politiques, de communication publique, (il) ne peut plus écouter nos demandes", a déclaré le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

Il a souligné que les propositions de la partie étudiante contenaient des solutions "qui ne coûtent rien au gouvernement ni aux contribuables".

"Mais, pour des raisons politiques, le gouvernement ne pouvait pas accéder à nos demandes", a répété le dirigeant étudiant, en soulignant que ces demandes étaient présentées dans le cadre de paramètres fixés par le gouvernement.

Le porte-parole de la Classe, Gabriel Nadeau-Dubois, a d'ores et déjà appelé à une grande manifestation samedi à Montréal, pendant que le Premier ministre lançait de son côté un appel au calme, répétant qu'au final, son parti, au pouvoir depuis 9 ans, devra se soumettre au verdict des urnes "d'ici 18 mois".

- "ça passe ou ça casse" -

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Pour la première fois depuis le début du conflit il y a près de 4 mois, le gouvernement avait proposé mardi de réduire la hausse des frais de scolarité de 35 dollars par an, soit une petite somme par rapport aux 1.778 dollars de hausse prévue au total.

Jugeant "insuffisant" cet assouplissement de la hausse, les étudiants avaient soumis mardi soir une contre-proposition au gouvernement qui l'a rejetée, jugeant qu'elle n'était pas acceptable.

La dernière offre du gouvernement ramenait plutôt la hausse à 1.624 dollars, "ce qui est insultant, après 16 semaines de grève", a accusé Gabriel Nadeau-Dubois.

Les étudiants "refusent d'assumer toute hausse des frais de scolarité", a répliqué la ministre Courchesne. Elle a également affirmé que la Classe avait menacé de compromettre la présentation du Grand Prix de F1 de Montréal, le 10 juin.

Les pourparlers avaient repris jeudi après-midi, avec l'annonce par les étudiants qu'ils présenteraient une "proposition minimale" sur les frais de scolarité. "Ca passe ou ça casse", avaient dit deux des dirigeants. Selon eux, la partie gouvernementale ne l'a pas examinée.

Les étudiants avaient proposé de financer les deux premières années de hausse des frais de scolarité en réduisant un crédit d'impôt qui permet de déduire de leurs revenus - quand ils en ont - les intérêts payés sur leur prêt d'études.

Le gouvernement, qui insistait pour que les étudiants assurent "leur juste part" du financement des universités, conformément au principe de "l'utilisateur-payeur" qu'il défend, a refusé.

"Ce que nous souhaitions était de trouver une voie de passage qui soit équilibrée, au sens où il faut aussi penser à l'ensemble des contribuables québécois", a dit Mme Courchesne.