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Guyane: les syndicats votent la grève générale à compter de lundi

Guyane syndicalisme

Brève publiée le 25 mars 2017

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Le Monde) Le territoire ultramarin est le théâtre d’une série de mouvements sociaux depuis plusieurs jours. Une mission interministérielle est y est attendue samedi pour « nouer un dialogue constructif »

Touchée depuis plusieurs jours par une série de mouvement sociaux, la Guyane voit la mobilisation prendre de l’ampleur, avec le vote, samedi 25 mars, par l’Union des travailleurs guyanais (UTG) de la grève générale à compter de lundi. La mobilisation, soutenue par des collectifs de citoyens, dénonce globalement les problèmes du territoire en matière de santé, d’éducation, d’économie, de sécurité, d’accès au foncier ou de logement.

Samedi, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, a appelé à « l’apaisement, (…) au calme [et] au dialogue parce que rien ne se construit dans le désordre et l’affrontement », en marge d’une visite au Salon du livre, à Paris, annonçant avoir « pris des dispositions de manière à ce que le dialogue puisse s’engager en Guyane, que nous puissions prendre des mesures le plus rapidement possible qui doivent être prises ». Le gouvernement a décidé vendredi de l’envoi d’une « mission interministérielle de haut niveau » dans le territoire ultramarin.

Conduite par Jean-François Cordet, conseiller maître à la Cour des comptes et ancien préfet de Guyane, la mission est attendue samedi après-midi dans ce département et région d’outre-mer. La délégation est composée de plusieurs hauts fonctionnaires connaissant bien la situation guyanaise issus de différents ministères.

Grève générale pour « protéger les salariés grévistes »

En votant à l’unanimité la grève générale à compter de lundi, les 37 syndicats réunis au sein de l’UTG souhaitent protéger les salariés grévistes dans des secteurs très divers, a précisé Albert Darnal, le secrétaire général de l’organisation.

Regroupant pèle-mêle des salariés d’EDF, des collectifs contre l’insécurité, un collectif dénonçant l’insuffisance de l’offre de soins et les retards structurels en matière de santé, ou encore des socio-professionnels et des transporteurs, le mouvement de protestation a notamment monté des barrages obstruant depuis jeudi une dizaine de ronds-points stratégiques du littoral guyanais, bloquant notamment l’entrée de Cayenne.

Les mouvements sociaux en Guyane ont notamment conduit Arianespace à ajourner le lancement d’une fusée et le rectorat à fermer les établissements scolaires jusqu’à nouvel ordre. « La situation est toujours tendue. Nous n’avons plus de barrages sauvages, mais ça reste compliqué », a déclaré samedi la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, qui avait proposé jeudi la tenue de discussions à Paris autour de l’économie, de la santé et de la sécurité, les principaux sujets de revendication des manifestants, afin de « traiter sans délai les problèmes immédiats ». Une demande rejettée par les participants aux mouvements sociaux, refusant de serendre à Paris pour négocier avec le gouvernement.

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Coimmuniqué NPA du jeudi 23 mars

Le NPA et Philippe Poutou tiennent à apporter tout son soutien à la lutte du peuple guyanais. Depuis deux semaines, divers acteurs de la société civile, des socioprofessionnels et des organisations syndicales se mobilisent. Aujourd'hui, tous les axes routiers des villes du littoral (Cayenne, Kourou, Saint Laurent du Maroni), le Port de commerce, le Centre Spatial Guyanais, la Préfecture, la Collectivité Territoriale de Guyane sont bloqués par des barrages tenus par la population et les divers acteurs du mouvement social. Tous les établissements scolaires du littoral sont fermés, l'ensemble des commerces de la ville de Cayenne ont baissé leur rideau, les vols aériens sont annulés, la fusée qui devait décoller mardi dernier a été ajournée. La centrale de l'Union des Travailleurs Guyanais, première centrale syndicale du Pays vient de se joindre au mouvement.

Cette colère exprimée vient de loin, elle vient du mépris de l’État français pour la Guyane depuis des décennies. D'un côté, l’État est capable d'investir des milliards d'euros pour faire décoller des fusées tous les mois, de l'autre, il n'y a pas d'argent pour construire des collèges et des lycées, laissant chaque année plus de 2000 enfants déscolarisés ; il n'y a pas d'argent pour la santé, les hôpitaux sont en déficit aigu, les coupes budgétaires s’enchaînent, le Centre Médico-Chirurgical de Kourou est même prévu à la vente pour des investisseurs privés; il n' y a pas d'argent pour les services publics, pour les agriculteurs, pour les transporteurs, etc. Cet abandon de la Guyane conduit à un taux de chômage de plus de 20%, à un taux de pauvreté estimé à plus de 60%, à un taux de criminalité le plus important des territoires régis par la France ...  Cette situation ne peut continuer, l’État français a failli.

Le NPA et Philippe Poutou réaffirment la volonté de voir tous les peuples colonisés aboutir à leur autodétermination. Le peuple guyanais nous montre la voix de la mobilisation pour prendre en main son propre destin. Il est important que le peuple guyanais ne se laisse pas diviser par ceux, comme le Front National, qui prennent les migrants pour éternels bouc-émissaires. Seule la mobilisation de l'ensemble de la société guyanaise dans la diversité culturelle de ses composantes permettra d'aboutir à la victoire. Le NPA et Philippe Poutou saluent déjà les premières victoires des salariés d'Endel qui en bloquant la fusée Ariane ont obtenu satisfaction sur leurs revendications, avec, notamment, une augmentation de salaire.