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Patrice Strzoda, directeur de cabinet de Macron, ex "monsieur flashball"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Arrêt sur images) Un préfet ultra-répressif auprès du président ? Dimanche 14 mai, l'Elysée a annoncé la nomination de Patrice Strzoda au poste de directeur de cabinet d'Emmanuel Macron. Ancien directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve, Strzoda a également été préfet, notamment en Corse, en Ile-de-France, et en Bretagne, où il était en poste lors des manifestations contre la loi travail, à Rennes, dans lesquelles un jeune homme avait perdu un oeil, supposément du fait d'un tir de la police. La gestion du préfet a été vertement critiquée par de nombreux militants. Mais pas dans les médias, hier, qui n'en ont pas touché un mot.
Des portraits bien discrets.Au cours de l'investiture d'Emmanuel Macron à l'Elysée, le nom de son directeur de cabinet, Patrice Strzoda, a été annoncé. Les médias se sont donc employés à faire son portrait : énarque, ancien directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve, ancien préfet d'Ile-de-france et... ancien préfet de Bretagne. Quand ? Pendant la fronde des Bonnets rouges contre l'ecotaxe, pendant les mobilisations des agriculteurs contre la chute des cours et, aussi, pendant les manifestations contre la "Loi travail".

La dépêche AFP, reprise par de nombreux titres de presse, le présente aux côtés des trois autres nominations du jour, Alexis Kohler, Philippe Etienne et Ismaël Emelien, et mentionne qu'il a été "Préfet de Bretagne", sans préciser les missions qu'il a eu à mener dans le cadre de ses fonctions. Et donc, sans rappeler que Strzoda était préfet de Bretagne lorsque des heurts entre les manifestants et la police, pendant plusieurs semaines, ont fait nombre de blessés parmi les civils, et notamment un jeune homme qui a perdu son oeil suite à un tir de "flashball" de la police. Strzoda avait à l'époque affirmé que la police n'avait, ce jour-là, pas utilisé de flashball. Mensonge ? L'arme qui a blessé le jeune homme était en fait un LBD40, une arme de la même famille que le flashball.
"PROUVEZ-LE, PORTEZ PLAINTE"
Le manifestant qui avait effectué les gestes de premiers soins sur le manifestant blessé à l'oeil, Hugo Poidevin, avait à l'époque témoigné dans Ouest France de l'extrême violence des policiers pendant les rassemblements. Réagissant hier sur Twitter à la nomination de Strzoda, il le dit "responsable des violences policières inouïes que nous avons connues. Et il s'en battait les couilles, totalement." Il relate ainsi une "réunion intersyndicale" avec le préfet, organisée par les syndicats pour demander "l'éloignement du dispositif policier" parce que, dit-il, "ils étaient trop près et que ça augmentait les violences policières." Strzoda, après avoir écouté leur requête, raconte Poidevin, "nous explique droit dans les yeux qu'on est pas là pour ça, et que non seulement il va augmenter le dispositif, mais qu'il va les rapprocher. A ce moment, ma camarade lui explique que c'est à cause de la police si son bras est en écharpe. Sa réponse ? «Prouvez le, portez plainte», avec un air narquois."
Une manifestante de 50 ans, cadre du secteur privé, avait aussi écrit une lettre ouverte au préfet, reprise dans le Club de Mediapart. Elle déclarait ne pas pouvoir "rester muette face à l'extrême brutalité et la violence dont nous avons été victimes de la part des forces de police, ma famille et moi-même." "J'ai reçu moi-même un coup de matraque dans le haut de la cuisse accompagné d'injures, "tire toi de là connasse", y témoignait-elle, dénonçant les propos du préfet à l'Indépendant, dans lequel il affirmait : "Quand on dit qu'il y a des violences policières, je voudrais rappeler que les violences sont le fait de casseurs hostiles et agressifs."
SILENCE DANS LES MÉDIAS
De ces détails, la presse a largement évité d'en faire l'écho. Ruth Elkrief, sur BFMtv, s'est contentée dimanche 14 mai, après l'annonce, de mentionner que Strzoda avait été "préfet à Rennes pendant la loi El Khomri, donc c'est quelqu'un qui a dû et qui connait la difficulté de l'application de la loi dans certaines situations." Seule Marianne a précisé que le préfet était en poste lors des "manifestations violentes contre la Loi travail."

Sur TF1 et France 2, Strzoda n'apparaîssait pas du tout. Seuls les trois autres nouveaux nommés -Ismaël Emelien, Alexis Kohler et Philippe Etienne- étaient mentionnés. Pas un mot, donc, du nouveau directeur de cabinet.
Seule L'Humanitéa consacré, en guise de portrait du nouveau directeur de cabinet du Président, une page à un entretien avec "Jeanne, co-responsable des jeunes communistes de Rennes qui se souvient des méthodes de l'ex-Préfet de Bretagne." Celle-ci assure que le mouvement "a subi une violente répression", aggravée par une "stratégie de conflit avec les policiers." Elle s'interroge : s'il est désormais promu à l'Elysée, "Strzoda aurait-il donc du mérite à avoir orchestré une telle répression contre le mouvement social en 2016 ?"




