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Manifestation massive à Madrid pour "la dignité" de l’emploi
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Malgré le retour de la croissance depuis 2014, beaucoup d'Espagnols peinent à retrouver des conditions de vie décentes. Ils sont plusieurs dizaines de milliers à être descendus dans la rue pour protester contre l'austérité.
Deux mois après la première marche, des dizaines de milliers d'Espagnols ont participé samedi à une "marche de la dignité" à Madrid pour rejeter la politique du gouvernement conservateur et dénoncer "conditions de travail misérables" et "salaires infimes". Le nombre de manifestants a été évalué à 6.000 par la préfecture et 200.000 par les organisateurs de la marche. L'une des cibles était la réforme du Code du travail adoptée en 2012 par le gouvernement de Mariano Rajoy, qui a contribué au reflux du chômage au prix d'une grande précarisation.
C'est une manifestation "pour démontrer que l'Espagne idyllique qu'ils nous vendent n'est pas celle que nous connaissons". "Ce gouvernement nous broie", avait déclaré un organisateur, Victor Jiménez, dans une vidéo diffusée avant la marche, à laquelle appelaient des dizaines de syndicats et organisations de gauche. Derrière la banderole "pain, travail, toit et égalité", plusieurs colonnes de manifestants - venus de tout le pays - ont convergé pour remonter la principale avenue madrilène, Gran Via.
Après sept années de crise économique, l'Espagne avait retrouvé en 2014 la croissance. Son taux de chômage, qui avait frôlé les 27% début 2013, avait ensuite nettement reflué. Il s'est établi à 18,7% au premier trimestre 2017. Mais "l'emploi actuellement créé, c'est un emploi précaire, avec des conditions de travail misérables et des salaires infimes", avait dénoncé avant la marche une organisatrice, Silvia Salamanca, ajoutant:
"Le droit du travail, ils nous l'ont réduit au droit à travailler aux conditions que nous impose le patronat".
La réforme de 2012 a notamment réduit drastiquement les indemnités de licenciement et autorisé les licenciements collectifs sans motif économique.
Le "parti le plus corrompu d'Espagne" appelé à partir par les manifestants
Maria Luisa Rodriguez, aide à domicile de 44 ans, employée par une société privée pour la ville de Léon (nord), se plaignait de gagner moins de 800 euros, à temps partiel subi: "Nous sommes à disposition du matin au soir, mais ils me paient seulement 27,5 heures, car c'est sans compter les temps morts ni les trajets", a dit à l'AFP cette manifestante. Le salaire minimum - augmenté de 8% en début d'année - est de 825 euros mensuels (sur 12 mois) en Espagne.
De nombreuses pancartes appelaient au départ du Parti populaire (PP) au pouvoir depuis 2011, fustigé comme "le parti le plus corrompu d'Espagne". Au même moment, M. Rajoy revendiquait, lors d'un meeting du PP sur l'île Majorque, "la création de 1,5 million de postes de travail depuis trois ans".
"Il faut maintenir les politiques économiques et les réformes menées à bien parce qu'elles ont fonctionné", a dit M. Rajoy, gouvernant actuellement sans majorité parlementaire.




