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Le PS et LR inventent le "front républicain" anti-Insoumis
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les candidats Myriam El Khomri et Pierre-Yves Bournazel ont promis devant des partisans d'En marche de faire front au second tour... contre le candidat de Mélenchon.
C'est une nouveauté à ranger dans la case des incongruités. On connaissait le "front républicain", dépassement des querelles politiques entre la gauche et la droite pour s'entendre sur un accord de désistement dans le but de faire battre le candidat FN. Concept déjà difficile et de moins en moins appliqué, du moins côté Les Républicains.
Mais à Paris, dans le 18ème arrondissement, Myriam El Khomri - ex-ministre du Travail et candidate à la députation sous les couleurs socialistes - et le juppéiste Pierre-Yves Bournazel - investi par Les Républicains dans cette même circonscription - viennent d'inventer le "front républicain" contre la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Plus précisément contre Paul Vannier, le candidat des Insoumis.
Au premier tour de la présidentielle, les électeurs du 18ème arrondissement avaient placé en tête des suffrages Emmanuel Macron avec 33% des voix, suivi de Jean-Luc Mélenchon avec 28%. De quoi donner de l'espoir au candidat de la France Insoumise et des sueurs froides aux candidats macron-compatibles.
Deux candidats très macrophiles
Car dans cet arrondissement, le mouvement d'Emmanuel Macron a décidé de n'investir personne, laissant le champ libre à Myriam El Khomri et Pierre-Yves Bournazel, deux candidats, respectivement issus du PS et de LR, qui se revendiquent tous les deux de la "majorité présidentielle". De quoi embrouiller le badaud qui tombe sur leurs affiches de campagne.
La confusion est allée encore plus loin lors d'une réunion organisée le 1er juin par la responsable d'En Marche dans le 18ème pour tenter de dévoiler les vrais-faux macrophobes des faux-vrais macrophiles. Une sorte de grand oral devant les militants d'En Marche auquel se sont soumis docilement cinq candidats, avec l'ambition chevillée au corps d'obtenir leur brevet en macronie.
"Je suis prêt aussi à faire battre la France insoumise"
Lors de son examen, Myriam El Khomri, studieuse, s'est ainsi illustrée en affirmant qu'elle serait la "jambe gauche" des idées d'Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale, selon un reportage de LCP. "Je suis une candidate socialiste, c'est clair", a-t-elle expliqué. Pas suffisant pour la salle qui a alors demandé à l'ancienne ministre si elle était prête à se désister en cas de triangulaire avec Paul Vannier, pour faire battre le "péril rouge". D'abord gênée - "Vous me demandez : 'est-ce qu'on fait un front républicain face au front de gauche ?' (...) Sachez que je ne considère pas que les militants de la France insoumise sont comme le FN" - la candidate a finalement lâché face aux protestations de la salle qu'elle était bien prête à faire le nécessaire pour faire gagner "la majorité présidentielle".
De son côté, Pierre-Yves Bournazel, président du groupe LR au conseil du 18e arrondissement, n'a pas eu besoin d'être beaucoup poussé. "Je suis prêt aussi à faire battre la France insoumise", a-t-il entonné, annonçant même qu'il ne siégera pas dans le groupe LR à l'Assemblée nationale s'il est élu. De quoi satisfaire l'assemblée des militants d'En Marche. Beaucoup moins la cohérence des idées politiques.





