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Valls, un élu qui a perdu
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Candidate de rassemblement citoyen dans la 1ère circonscription de l’Essonne, soutenue par la France Insoumise face à Manuel Valls, Farida Amrani et son suppléant Ulysse Rabaté ont déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel. Ils expliquent dans cette tribune les raisons et les faits qui les motivent.
Le 18 juin dernier, la 1ère circonscription de l’Essonne a été le théâtre d’un événement politique marquant de ces dernières années.
Notre candidature de rassemblement citoyen, soutenue par la France Insoumise, a fait jeu égal avec celle de Manuel Valls, ancien Premier Ministre, député de cette circonscription depuis 2002. Le résultat proclamé parce celui-ci – 139 voix d’écart – ainsi que les nombreuses irrégularités constatées par les citoyens au cours de la campagne et le jour du scrutin, nous conduisent aujourd’hui à déposer un recours devant le Conseil Constitutionnel.
Depuis plusieurs jours, il serait question d’un recours par péché d’orgueil car nous sommes incapables d’accepter la défaite. Pourtant c’est tout le contraire. Nous sommes sereins sur les éléments dont nous disposons qui permettront de faire toute la lumière sur cette élection. À nos cotés, nos avocats, mais aussi des dizaines de citoyens qui se rendent chaque jour à la Préfecture de l'Essonne pour que la justice puisse faire son travail. Nous en sommes fiers. Nous menons ce combat pour eux et avec eux.
La campagne que nous avons menée a soulevé un espoir exceptionnel, dans notre circonscription mais aussi partout en France. Conseillers municipaux d’opposition dans nos villes de Corbeil-Essonnes et d’Evry, engagés depuis de nombreuses années face à Manuel Valls et Serge Dassault sur ce terrain emblématique, nous avons affirmé tout au long de la campagne qu’il ne suffisait pas d’être « anti-Valls » pour le battre. Notre opposition à ce qu’incarne l’ancien Premier Ministre a toujours été d’ordre politique : c’est en proposant une certaine vision du monde, à partir de la réalité de nos territoires et de la parole de ceux qui y vivent, que nous sommes parvenus à ce résultat. L’écho très large de notre campagne, le nombre impressionnant de citoyens, d'intellectuels, d'artistes, qui s’y sont retrouvés et y ont participé, représentent déjà quelque chose d'immense. Il s’agit là de notre première victoire en attendant que le Conseil Constitutionnel se prononce.
Nous n’avons aucune amertume, si ce n’est celle d’avoir été trop naïfs. Les larmes qui ont coulé dimanche soir étaient avant tout celle du bonheur du travail accompli. Nous savons à qui cette première victoire s’adresse : aux gens qui ont été violentés dans les cortèges des manifestations contre la Loi Travail, aux habitants des quartiers populaires blessés, aux militants sincères choqués par la trahison et l'opportunisme… Combien sommes-nous, d’horizons si différents, à relever la tête aujourd’hui !
L’absence de nos militants dans plusieurs bureaux de vote de la circonscription, le jour du deuxième tour, montre le paradoxe de la période politique que nous vivons : dans un combat emblématique et suivi par la France entière, nous n’avions pas les moyens humains d’assurer une surveillance citoyenne des opérations électorales. Ce constat riche d'enseignements s’ajoute à celui, plus terrible, du niveau d’abstention sur nos territoires comme partout en France pour ces élections législatives.
Contrairement à Manuel Valls qui comptait jusqu’au dernier jour sur une abstention record pour être réélu, nous considérons cette question démocratique avec gravité et responsabilité. Farida Amrani élue députée, tout resterait à faire dans la nécessité de partager plus largement les pouvoirs, de faire entendre la parole et les intérêts du plus grand nombre. Face à la dérive libérale et autoritaire de ces dernières années, et qui promet d’être amplifiée par Emmanuel Macron, les députés, aussi insoumis soient-ils, ne suffiront pas : les citoyens de notre pays doivent s’en mêler.
Dans nos villes, Corbeil-Essonnes et Evry, qui ont dessiné ces dernières semaines la possibilité d’une alternative, nous sommes déjà au travail. Le résultat obtenu démontre la force des histoires et constructions locales, ancrées sur le terrain, en lien avec l’envie radicale du renouvellement des pratiques politiques.
Les violentes attaques dont nous sommes aujourd’hui la cible montrent aujourd’hui tout ce que nous avons fait bouger. Que des « humbles » comme nous soient en mesure de faire tomber des pouvoirs aussi importants est une idée qui dérange, en même temps qu’une arme inestimable contre la résignation.
C’est au nom de cet espoir, fort d’un très large soutien populaire et en compagnie de tous les citoyens qui se retrouvent dans ce combat, que nous déposerons mardi prochain notre recours devant le Conseil Constitutionnel.
Farida Amrani et Ulysse Rabaté, candidats aux élections législatives soutenus par la France Insoumise dans la 1ère circonscription de l’Essonne.




