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Brise contestataire au sein de La République en marche
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) La justice examine, mardi, un référé déposé par une trentaine de membres de LRM qui contestent les futurs statuts du mouvement.
Ce n’est pas encore une fronde mais cela commence à y ressembler. Créé en avril 2016 par Emmanuel Macron pour accompagner sa conquête de l’Elysée, le mouvement En marche ! – rebaptisé depuis La République en marche (LRM) – doit faire face à une contestation croissante de la part de certains de ses quelque 370 000 adhérents (l’inscription est gratuite), qui reprochent aux dirigeants du parti de vouloir confisquerl’essentiel du pouvoir.
Dernier épisode en date : trente-deux membres de LRM ont déposé, vendredi 21 juillet, un référé au tribunal de grande instance de Créteil afin d’empêcher l’adoption des nouveaux statuts du mouvement, soumis au vote des adhérents jusqu’au 30 juillet. Ils demandent un report du scrutin à la fin de l’année, pour se donner le temps d’amender des dispositions qu’ils considèrent comme « antidémocratiques ». Le tribunal devait examiner leur demande mardi 25 juillet.
Regroupés au sein d’un collectif appelé La démocratie en marche, ces macronistes frondeurs estiment que « les statuts proposés cantonnent (…) les adhérents à un rôle de supporteur et les excluent de la gouvernance, aussi bien locale que nationale », selon un communiqué publié lundi 24 juillet.
De fait, aucune élection interne n’est prévue pour désigner les responsables de LRM, qui seront choisis par un « conseil » constitué majoritairement d’élus et de référents désignés par le parti. De la même façon, LRM a décidé que ses quelque 3 200 comités locaux, répartis dans toute la France, devront subvenir eux-mêmes à leurs besoins, alors que le parti touchera 20,5 millions d’euros de subventions publiques chaque année.
« Tout est confisqué »
« Il y a un problème général de démocratie chez LRM, estime Rémi Bouton, animateur d’un comité parisien du mouvement et porte-parole de la contestation. Avec ces nouveaux statuts, les adhérents n’élisent aucun de leurs représentants, tout est confisqué au niveau national par l’oligarchie du mouvement. On est juste de la chair à canon pour militer. »
De son côté, la direction de LRM assure avoir reçu les contestataires et modifié certaines dispositions des statuts soumis au vote. Le nombre de sièges réservés aux adhérents – qui seront tirés au sort – au sein du « conseil », sorte de parlement du mouvement, a ainsi été porté de 20 % à 25 %. Des « budgets participatifs » sont également prévus pour « financer des actions proposées et sélectionnées par les adhérents ».
Mais pas question d’organiser des scrutins internes. « Les élections n’ont jamais été la garantie d’une vie démocratique dans les partis, justifie une porte-parole du mouvement. Au contraire, c’est le meilleur moyen de créer des baronnies locales, ce qu’on veut absolument éviter. »
Jusqu’ici relativement ignorés, les frondeurs ont reçu, lundi, le soutien de l’ex-ministre Corinne Lepage, qui avait rallié le futur chef de l’Etat en janvier 2017, au moment où les soutiens se faisaient rares. « Une des grandes novations d’Emmanuel Macron, c’est d’avoir suscité le renouvellement de la base militante. Leur dire aujourd’hui qu’ils auront zéro pouvoir et zéro argent, ce n’est pas démocratique et cela ne correspond pas à l’élan suscité », fustige la présidente du parti écologiste Le Rassemblement citoyen-Cap 21. Selon M. Bouton, des députés LRM soutiennent également la démarche des macronistes frondeurs, « mais ils n’osent pas le dire publiquement, de peur des représailles ».




