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La France insoumise doit-elle craindre la crise de croissance comme Podemos?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
POLITIQUE - A gauche, c'est l'exception qui confirme la règle. Pendant que la plupart des mouvements sont en perte de vitesse de ce côté-ci de l'échiquier politique, la France insoumise est le seul en pleine dynamique. Et cela se confirme à l'occasion des événements de rentrée. Quand le PS se contente d'un séminaire à huis clos à Paris samedi et dimanche, qu'EELV a réduit la voilure de son rendez-vous à Dunkerque, Jean-Luc Mélenchon espère attirer 3000 Insoumis à Marseille, son nouveau fief, à partir de ce jeudi 24 août et pendant quatre jours.
Pour Charlotte Girard, l'une des têtes pensantes du mouvement, c'est la preuve de sa "vitalité". En attendant le discours de l'ancien candidat à la présidentielle dimanche, les militants présents prépareront la rentrée sociale et réfléchiront aux contours de l'organisation. Officiellement, c'est la convention nationale des 14 et 15 octobre qui actera la nouvelle structuration.
Structure horizontale ou verticale?
Mais déjà les Insoumis ont à leur disposition une "boite à idée" pour préparer cette convention. C'est que cette étape est cruciale pour l'avenir du mouvement s'il souhaite s'implanter durablement comme une force politique incontournable.
Lancement de la boîte à idées de la France insoumise pour préparer la convention d'octobre !
— La France insoumise (@FranceInsoumise) 16 août 2017
➡️https://t.co/hkOniYKb7I pic.twitter.com/51s72TaOJ3
Ce moment charnière n'est pas sans rappeler celui auquel s'est heurté Podemos, le mouvement espagnol construit sur les bases des Indignés de la Puerta del Sol à Madrid. La présidentielle a confirmé que Jean-Luc Mélenchon et Pablo Iglesias étaient sur la même longueur d'onde, le leader espagnol ayant même participé au dernier apéro des Insoumis, juste avant le premier tour. Or transformer l'essai n'a pas été chose aisée pour le jeune parti espagnol, qui a subi une crise de croissance et envisage désormais de nouer une alliance avec les socialistes.
«Liberté, Égalité, Fraternité !» - Apéro insoumis à Ménilmontant avec @Pablo_Iglesias_ et @mmatias_ #LaForceDuPeuple pic.twitter.com/Q3xsrVl1Dn
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 21 avril 2017
Pour La France insoumise, le dilemme est le suivant: concilier une organisation qui se veut très horizontale à la base -des consultations lancées en permanence sur le fond et sur la forme (comme lors de l'absence de consigne d'entre-deux tours)- avec une figure de proue aussi charismatique que Jean-Luc Mélenchon.
Une stratégie fixée pour cinq ans
Mais cette figure tutélaire est peut-être justement ce qui pourrait éviter la crise rencontrée par Podemos. Début 2017, c'est un conflit entre le numéro 1 (Pablo Iglesias) et son numéro 2 sur la stratégie à suivre qui avait illustré sur la difficile structuration de Podemos. En l'absence de concurrents à Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise paraît à l'abri de ce problème.
Surtout, contrairement à Podemos, La France insoumise se situe dans un contexte environnement politique plus clair. La crise politique rencontrée par l'Espagne après les législatives de 2016 avait conduit le mouvement à se poser la question suivante: faut-il conserver la stratégie d'opposition permanente jusqu'à renverser la table ou faut-il tenter de nouer des alliances pour arriver au pouvoir? La large majorité de La République en marche évitera aux mélenchonistes de se poser la question. "On a un programme qui va rester d'actualité pendant plusieurs années, une stratégie, la révolution citoyenne par les urnes et une méthode, l'adhésion citoyenne directe", analyse dans L'Obs le député Eric Coquerel.
Reste tout de même à façonner un véritable organigramme et trouver un siège pour le mouvement. A Marseille ou ailleurs.




