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Pourquoi les livreurs de Deliveroo manifestent sur deux jours dès dimanche
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les livreurs à vélo de Deliveroo seront payés à la course à partir de lundi. Ils organisent un dernier coup de force national contre l'entreprise ces 27 et 28 août.
"Deliveroo, c'est des voyous!", "1000 bikers virés par mail!", "Deliveroo, t'es foutu, les bikers sont dans la rue!" Voilà quelques-uns des slogans martelés par les coursiers à vélo de Deliveroo, l'application de livraison de repas à domicile, lors de la manifestation parisienne du 11 août. Depuis, leur colère n'est pas retombée. Ils comptent se faire entendre ces dimanche 27 et lundi 28 août, jour de la date fatidique du changement de leur contrat, en organisant la première manifestation nationale.
Signer le contrat ou être licencié
Depuis plus d'un mois, les livreurs protestent contre une modification importante de leur contrat de travail, imposée par leur employeur. A compter du lundi 28 août, ils seront tous payés 5 euros par course (5,75 euros à Paris). Ils ont l'obligation de signer le nouveau contrat, sous peine d'être "virés", dénoncent des coursiers au Monde.
La société a décidé d'appliquer une "convergence de la tarification"des "bikers", justifie la direction de la société, fondée par William Shu à Londres en 2013. Jusqu'à présent, les livreurs étaient rémunérés selon deux systèmes: ceux qui ont commencé après septembre 2016 sont déjà soumis au tarif de 5 euros par livraison (5,75 euros à Paris), alors que les plus anciens, qui ont commencé avant cette date, gagnaient 7,50 euros de l'heure, avec une prime de 2, 3 ou 4 euros par livraison selon la qualité du service et les conditions météo.
Étalé sur deux jours, le mouvement entend négocier une rémunération de 7,50 euros par course, avec un minimum garanti de deux courses par heure.
Basculer dans la précarité
"Il n'était plus juste de faire coexister plusieurs modèles de tarification pour une activité similaire", précise la direction. Quelque 600 personnes seraient concernées par ce changement d'après elle, soit 8% des 7500 coursiers de Deliveroo en France. Damien, un coursier de 36 ans rencontré fin mars par L'Express, devrait ainsi voir son salaire baisser dès lundi.
Pas sûr qu'il puisse toujours toucher ses "3000 euros net par mois". Ce changement obligerait les livreurs à pédaler plus pour gagner plus, sans même avoir la garantie de faire suffisamment de livraisons en une journée. Leurs revenus pourraient diminuer de "8 à 33 %" notent les syndicats. "A 5 euros par course, nous gagnerons péniblement entre 10 et 15 euros par heure, avant charges, taxes et impôts", calculent-ils.
Pire, il les ferait davantage basculer dans la précarité. Les livreurs "partenaires", comme les appelle Deliveroo, ne sont pas salariés mais auto-entrepreneurs. Ce statut ne leur permet pas de cotiser, ni d'être indemnisés en cas d'accident ou de percevoir le chômage. De son côté, Deliveroo peut rompre le contrat à n'importe quel moment.
"Opportunité" et "protection", assure la direction
Deliveroo s'oppose à leurs revendications depuis le départ, affirmant que ce changement est une "opportunité" pour les livreurs. Ils pourraient ainsi gagner plus d'argent grâce à la "flexibilité" de leur contrat. "La majorité des livreurs partenaires souhaitent continuer à collaborer avec le statut de travailleur indépendant", précise la société en citant une étude Harris Interactive, dénoncée par les coursiers. Le nouvel algorithme mis en place par l'entreprise permettrait aussi de mieux organiser les calendriers de livraisons et ainsi "protéger les revenus des livreurs", explique la direction.
Les coursiers certifient qu'il s'agit de "contre-vérités" et dénoncent "l'art du double discours et l'enfumage" de la communication de Deliveroo. Pour rappel, la start-up a presque une position de monopole sur le marché. Ses concurrents comme Foodora ne comptent que 2000 coursiers à Paris, ce qui a permis à Deliveroo d'acquérir "une expérience certaine dans l'art de maintenir ses livreurs sous pression", s'indignent les concernés.




