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Big Brother dans des lits connectés d’étudiants ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le Crous de Rennes-Bretagne voulait installer des capteurs sur les lits d’une résidence universitaire. « Un dispositif qui pose question » estime Ouest France. Contacté, le concepteur de ces lits dénonce une lecture erronée des faits. Le Crous vient de décider malgré tout du retrait de ces sondes.
« Depuis la rentrée, les étudiants de la résidence universitaire Maine 1 à Rennes sont, sans le savoir, les cobayes d’un nouveau concept : le lit connecté. Dix chambres ont été choisies aléatoirement sur les 150 que compte l’établissement pour accueillir le projet » détaille Ouest France. Dans ses colonnes, les réactions d’étudiants oscillent entre sentiment d’espionnage et sacro-saint besoin de sécurité.
Que des capteurs soient installés dans le nid de l’intimité suscite effectivement des interrogations même si le Crous a assuré hier à nos confrères que l’objectif se limite à « planifier l’entretien préventif et d’observer l’usure du lit, pas de sanctionner les élèves ».
Une lecture « sensationnaliste » des faits selon Espace Loggia
Contacté, Paul Malignac, directeur général d’Espace Loggia, le concepteur de ces lits connectés, dénonce une lecture « sensationnaliste » des faits. « Déjà, c’est un programme pilote qui n’a pas commencé ! De plus, il sera lancé avec des étudiants sur une base de volontariat. Enfin, le produit a été mal compris, nous ne collectons aucune donnée personnelle, il s’agit seulement de limiter les coûts pour les organismes publics ». Et celui-ci d’insister : « On est très loin de l’espionnage dont il est question dans Ouest France ».
Différents capteurs sont effectivement installés sur ces lits connectés, de fait des lits escamotables, bardés de plusieurs pièces techniques. « L’idée est de mieux anticiper d’éventuels dysfonctionnements avant même que la panne ne soit perceptible par l’utilisateur » veut tempérer le patron de cette PME de 25 personnes installée en Vendée.
Trois témoins d'usure
Ces capteurs mesurent trois points : l’usure des câbles, l’état des fixations murales et la présence de parties déformées. « On ne touche pas au matelas » prévient-il. « Par exemple, on ne peut savoir s’il y a dix étudiants dans cette chambre, on veut juste savoir si ces pièces sont bien serrées ! Dans nos machines-outils, nous avons des capteurs pour signaler les opérations de maintenance. On s’est dit que, sur un lit chargé de contrepoids, il était intéressant d’ajouter une dose de sécurité ».
À ceux qui se demandent pourquoi ce choix d’un lit qui flirte avec 1984, plutôt qu’une conception plus solide, Paul Malignac rétorque : « la confiance n’exclut pas le contrôle. On fait confiance aux ascenseurs ou aux avions, mais on est bien content que des vérifications soient faites ».
Techniquement, les capteurs sont déjà là, mais ils ne sont pas encore connectés, contrairement à ce qui est dit. Activés, tout se passe par liaison chiffrée. « Un panneau qui aujourd’hui n’est connecté à rien, sert ensuite à voir s’il y a usure ». Les capteurs sont censés communiquer à intervalles rapprochés. « On ne saura pas s’il y a une personne sur le lit. Le rythme reste à définir. Peut-être une fois toute les semaines ou deux fois par mois ». En attendant, si le système est déployé, il fera l’objet d’une déclaration à la CNIL par le Crous, tout comme les systèmes de contrôle automatisés, installés par exemple au niveau des portiques d’accès. Cependant, l'institution a préféré se coucher, pourrait-on dire, après cet article paru dans la presse locale.
Le Crous va faire retirer ces capteurs
Contacté, le Crous de Bretagne nous assure être lui aussi « en total désaccord avec ce qu’on a découvert dans Ouest France. Nous démentons toute intention de surveillance. Nous avons simplement accepté que des témoins d’usure soient installés pour optimiser les interventions préventives sur les lits escamotables ».
Malgré tout, bien qu'il nous confirme aussi que le test n’était pas lancé et qu’il allait l’être sur une base volontaire auprès de 10 étudiants, le Centre régional des œuvres universitaires va demander au concepteur de retirer ces capteurs. « On annule l’expérimentation » nous apprend la direction de la communication. « On va demander à Espace Loggia de retirer ces capteurs dans la semaine ».




