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Les pilotes de bombardiers d'eau menacent de faire grève

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Brève publiée le 29 juin 2012

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

MARIGNANE, 29 juin 2012 (AFP) - Les pilotes de bombardiers d'eau de la base de Marignane (Bouches-du-Rhône), se disant "inquiets quant à l'avenir de leur outil de travail", une flotte de 23 avions spécialisés dans la prévention et la lutte contre les feux de forêt, menacent de se mettre en grève à partir de dimanche.

"Il nous faudrait 10 millions d'euros annuels pour la maintenance" en plus des 35 millions actuels, explique à l'AFP François Tauveron, délégué du SNPNAC (Syndicat national du personnel naviguant de l'aéronautique civile), au moment où débute la saison des feux dans le sud du pays.

Les 88 pilotes de la base de Marignane, "dont 85% sont syndiqués" selon lui, sont les seuls en France à voler à bord des 12 Canadair, 9 Tracker et 2 Dash 8 que compte la flotte de la Sécurité civile.

Vendredi après-midi, trois Canadair étaient ainsi de sortie pour éteindre un incendie démarré à Allauch, près de Marseille, qui a brûlé 3 hectares de pinède.

La Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) avait annoncé au printemps vouloir laisser au sol cet été deux Canadair, ainsi qu'un avion de coordination Beechcraft 200, ordinairement utilisé en Corse, pour économiser de l'argent sur la maintenance.

Devant cette décision, M. Tauveron a envoyé un courrier de préavis à Jean-Paul Kihl, leur patron, annonçant le début d'un mouvement pour le 1er juillet, ainsi qu'une lettre au nouveau ministre de l'Intérieur Manuel Valls lui demandant une entrevue, restés sans réponse.

Dans ces courriers, les pilotes dénoncent notamment une "réduction du format de la flotte d'avions" et une "forte dégradation du dialogue social".

"Ce n'est que mercredi qu'on a appris que M. Kihl annonçait sa venue (vendredi à 15H00, NDLR) pour rencontrer les organisations professionnelles", souligne l'un d'eux, Alain Huet.

Pour un porte-parole de la DGSCGC, "les deux Canadair ne sont pas cloués au sol, ils sont mis de côté mais seront tout à fait opérationnels, en moins d'une heure", évoquant plus un "problème logistique qu'opérationnel".

En poste à la Sécurité civile depuis 2003 après avoir été dans l'armée, comme "99% des pilotes de bombardiers d'eau", M. Tauveron estime que le format de la flotte est calibré pour une saison de feux normale, pas pour des étés comme ceux de 2003 ou 2005, "où de nombreuses maisons avaient brûlé".

Le syndicaliste, qui dénonce par ailleurs une réduction de 10 à 20% ces dernières années du budget de la base, craint "que des avions restent au sol en 2013 parce qu'il n'y aura pas eu l'argent pour les entretenir pendant l'hiver".

Interrogé à ce sujet, le porte-parole de la DGSCGC a affirmé pour sa part que "le budget maintenance n'avait pas été diminué par rapport à l'an dernier".

S'ils devaient maintenir leur mouvement social, les pilotes, même grévistes, resteraient malgré tout réquisitionnables en cas de besoin. Cependant les grévistes ne seraient pas pré-positionnés en détachement sur les lieux à risques, mais devraient partir de Marignane, préviennent-ils.