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En Catalogne, les tentatives de conciliation arrivent à leur limite
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Andreu Coll, de la section de la IVe Internationale, membre d’Anticapitalistas, revient sur la dernière passe d’armes entre le gouvernement de Madrid et la Generalitat. La tentative de conscilliation de cette dernière a été balayée par Mariano Rajoy.
Quelles sont les nouvelles ?
Puigdemont n’a pas clairement déclaré l’indépendance, il a demandé un dialogue et reporté l’indépendance de deux mois. Leur idée était de gagner du temps, d’impliquer les institutions européennes dans la négociation pour obtenir une espèce de pacte entre les élites, le Parti Populaire se disant prêt à une réforme institutionnelle. Rajoy a répondu, avec le soutien du PSOE, que si la Generalitat ne clarifie pas sa position d’ici jeudi, le gouvernement appliquera l’article 155, qui permet à Madrid de prendre le contrôle de la région.
Est-ce la Generalitat regrette d’avoir été aussi loin dans le conflit ?
Puigdemont a été soumis à une énorme pression : des entreprises ont déplacé leur siège de Catalogne, il y a eu un appel européen à ne pas aller à l’indépendance. Ils croyaient que l’indépendance se ferait par magie. Ils étaient également sous pression des organisations indépendantistes de masse et de la CUP, qui peut faire tomber le gouvernement à tout moment.
En quoi consisterait concrètement la mise en place de l’article 155 ?
Madrid peut prendre le contrôle de la Generalitat. Ils ne peuvent pas la dissoudre directement car une grande partie de l’administration publique en dépend. Leur solution serait de nommer un président qui soit lié directement au PP et au gouvernement central. Il existe une figure symbolique dans toutes les communautés autonomes, le délégué du gouvernement, qui pourrait être nommé président de la Generalitat.
La population ne laissera pas faire, non ?
Oui, ça risque d’être accompagné d’un Etat d’exception car les réactions peuvent être énormes. Ce lundi sont passés devant le juge à Madrid Jordi Sanchez de l’ANC, Jordi Cuixat d’Omnium et le chef de la police Josep Lluis Trapero, qui était accusé de sédition. En effet, le 20 septembre, le jour de l’arrestation des 14 hauts fonctionnaires de Catalogne, la police catalane a été accusé de ne pas avoir dispersé la foule et protégé la Guardia Civil. Un premier jugement a été prise ce lundi, Cuixat et Sanchez sont emprisonnés. Teresa Laplana, la numéro 2 de la police catalane, a dû payer plusieurs dizaines de milliers d’euros pour éviter la mise en détention provisoire.
La population est révoltée par cette procédure. Il y a des rassemblements mardi devant les lieux de travail à midi et devant les mairies le soir.
Le procureur serait aussi en train d’organiser une procédure de destitution de Puigdemont.
Où en sont les mobilisations ?
Il y a eu une assemblée des comités de défense du référendum (ou de la République, selon les endroits) avec deux cents personnes. Mais actuellement, la base qui a organisé le référendum du 3 octobre est démoralisée et désorientée par la politique de Puigdemont. Du côté des syndicats, il y a beaucoup d’attentisme.
Il y a d’énormes conflits énormes en même temps, entre Esquerra Republicana de Catalunya, la CUP et Puigdemont. Il est possible que la Generalitat appelle à des élections pour casser la dynamique populaire. Esquerra ne veut d’une coalition avec PDECAT, le parti de Puigdemont, car il l’a devancé dans les sondages.
Le gouvernement central peut-il être mis en difficulté par les affaires de corruption ?
Le PP est champion mondial de la corruption, mais le PP contrôle l’appareil d’Etat et la hiérarchie de la Justice – celle-ci est nommée par les partis de gouvernement. Il peut donc freiner les procès. De plus, le gouvernement central nomme le Procureur général de l’Etat, le chef hierarchique de tout le corps de procureurs.
Enfin, sa base électorale franquiste est très fidèle, avec 7 ou 8 millions de voix. Seuls les jeunes ont voté pour Ciudadanos, la droite moderne, moins corrompue.
Que font les militantEs d’Anticapitalistes et de Podemos ?
On met en place des mesures de défense contre la répression. Nous sommes très investis dans les CDR. Podemos s’oppose aux mesures répressives, exige un dialogue, mais ne s’engage pas actuellement dans la revendication d’une rupture avec le régime. Il faudrait attaquer le manque d’indépendance du système judiciaire, attaquer le rôle de la monarchie et rompre avec le PSOE, en Castille la Mancha.
Propos recueillis par Antoine Larrache





