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Catalogne - le point à minuit ce samedi soir

Catalogne

Brève publiée le 22 octobre 2017

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://npaherault.blogspot.fr/2017/10/catalunya-vers-la-reprise-des-hostilites.html

Jeux de discours institutionnels sur fond de mobilisation populaire

22h30 (samedi soir)

Le point sur les événements de la journée.

C'est la version la plus dure du "155" qu'a décidé d'appliquer le gouvernement de Madrid contre la Catalogne. En effet, cet article de la constitution espagnole laissait toute latitude quant à l'extension de la main-mise sur celle-ci et c'est avec la volonté de persévérer dans l'orientation suivie jusqu'ici, la brutalisation du peuple catalan, que ce gouvernement a choisi de frapper le plus largement possible.

Qu'on en juge : il s'arroge la possibilité de dissoudre le Parlement catalan, celle de convoquer, dans un délai maximum de 6 mois, de nouvelles élections régionales (mais il annonce sa volonté d'agir plus vite). A cette fin, il procèdera à la destitution du President, du vice-président et de l'ensemble du gouvernement catalan, le Govern. Par là-même il prend en charge TOUTES les compétences de la Communauté autonomecatalane qu'elles s'exercent à travers les médias publics et la police locale (Mossos d'Esquadra), la perception des impôts ou encore les chemins de fer. 

Le comble du foutage de gueule est atteint par cette phrase du chef de gouvernement : "Il n'y a pas suspension de l'autonomie ni de l'autogouvernement, il s'agit de démettre les personnes qui ont mis cet autogouvernement en dehors de la Constitution et du statut d'autonomie". Les Catalan-es auront apprécié...en ayant appris, par exemple, que concrètement les fonctions exécutives de l'Autonomie catalane seront désormais assumées par les Ministères espagnols.

Le Parlament se trouvera, quant à lui, dépossédé de son pouvoir de proposer un candidat à la présidence de la Généralité et donc de tenir tout débat et tout vote d'investiture à cette charge. Il perdra également sa fonction de contrôle des organesassumant le gouvernement de la Catalogne, cette fonction revenant au Sénat. Il sera enfin empêché de prendre toute initiative, toute décision qui seraient jugées par Madrid contraires à la Constitution et au statut d'autonomie.

Voilà le résumé de ce qu'il faut appeler un coup de force inédit depuis le franquisme contre une instance constitutionnellement représentative de la population.

Le président Carles Puigdemont a tenu un court discours télévisé d'où il ressort que face à la "volonté  de Madrid de liquider l'autogouvernement de la Catalogne", il demande, conformément à l'accord réalisé entre Junts pel Sí (coalition entre le PedeCat de Puigdemont et l'ERC de son vice-président Oriol Junqueras) et les anticapitalistes de laCUP, que le Parlament se réunisse le jour même où entrerait en vigueur, par vote du Sénat, le "155", soit vendredi prochain. Lequel "155" serait l'unique ordre du jour de cette session : on notera, à ce propos, que le President n'a pas mentionné dans son discours la possibilité de déclarer l'indépendance, ce que d'aucuns déclarent cependant inéluctable puisque les parlementaires seront appelés, une fois analysée la portée politique du "155", à agir en conséquence. A voir...

Des mots forts ont émaillé ce discours : humiliation, liquidation de la démocratieauxquelles il faut opposer la défense digne, civilisée, pacifique et s'appuyant sur lesdiscours de raison, des institutions attaquées, mise sous tutorat de la vie publiquecatalane, directoire télédirigeant, depuis Madrid, la vie en Catalogne, la pire attaque depuis l'abolition de la Généralité par Franco.

Puigdemont a conclu son intervention en s'adressant en espagnol aux démocrates de l'Etat espagnol en les avertissant que c'est la démocratie, bien au-delà de la catalogne, qui est menacée par le "155" imposé à la Catalogne. Enfin, en anglais il a appelé les Européens à soutenir la Catalogne, en cohérence avec ce qu'implique précisément, pour les Catalan-es comme pour les autres, être européens. 

A retenir aussi l'intervention solennelle de Carme Forcadell, la présidente du Parlament, qui, n'hésitant pas à parler de coup d'Etat, a dit la détermination des député-es, à ne pas laisserqu'on leur impose de participer à un parlement croupion.L'offensive "155" de Mariano Rajoy met la défense des institutions catalanes inéluctablement et légitimement au coeur de la mobilisation qui se relance en ce moment dans tout le territoire catalan. Reste que les chances que ladite mobilisation puisse s'enraciner le plus largement possible, en particulier du côté de ceux et celles qui, opposé-es ou indifférentes à l'indépendance, ont montré le 1er octobre, leur volonté de défendre l'expression démocratique du peuple catalan, sont liées à la capacité de favoriser l'auto-organisation et l'expression autonome de la volonté populaire sans indexation sur les logiques purement institutionnelles.  

Désobéissons au 155

Processus constituant

République catalane  

18h30

La réponse, à 450 000, dans la rue au coup d'Etat programmé par Madrid contre la communauté autonome de Catalogne

Vue de la manifestation de Barcelone de ce jour

Mariano Rajoy a expliqué en conférence de presse les décisions prises par le Conseil des ministres extraordinaire qui s'est tenu ce matin. Nous détaillerons, en soirée (après le discours, annoncé pour 21 h, du President Carles Puigdemont) ces mesures, dont on retiendra, dans l'immédiat, que pour l'essentiel elles comprennent la mise en route de l'article 155 de la constitution qui ouvre la voie à la prise de contrôle de la Catalogne par l'Etat central. Cette mesure sera effective vendredi prochain lorsque, conformément à la procédure constitutionnelle, elle aura été votée par un Sénat acquis au PP. L'autredécision importante  est la tenue de nouvelles élections régionales en janvier. 

Mais le plus important aujourd'hui est la manifestation monstre qui se tient depuis 17 heures à Barcelone (voir photo) pour la libération des deux Jordis, en défense des droits et des libertés et en riposte aux mesures de Madrid. L'ensemble du Govern ainsi que Ada Colau, la maire de Barcelone, participent à cette manifestation.

  

Cyberattaques en soutien de la Catalogne

Les hackers d'Anonymous ont lancé aujourd'huil'opération 'Operation Free Catalonia' en bloquantles sites du PP, du Tribunal Constitutionnel et de diverses entreprises espagnoles. D'autres hackers sont également passés à l'action aujourd'hui.Cliquer ici

 Rajoy le putschiste "antiputschiste"

Derrière le char du "155" Pedro Sánchez (PSOE), sur le char, Mariano Rajoy, le chef du gouvernement de Madrid), à droite, en première ligne, appelant à "charger", Albert Rivera (Ciudadanos, pseudo centre, vraie droite très à droite). Mariano Rajoy : "Vraiment je ne comprends pas ces putschistes (les Catalans qui s'autodéterminent contre ce que dit la Constitution)". Cliquer ici