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L’ancien ministre PCF Jack Ralite est mort
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Jack Ralite fut l’un des ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy, sous la présidence de François Mitterrand, en charge de la santé puis ministre délégué à l’emploi.
L’ancien ministre communiste Jack Ralite s’est éteint, dimanche 12 novembre, à l’âge de 89 ans, a annoncé Meriem Derkaoui, maire de la ville d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Il avait dirigé la ville de 1984 à 2003.
« C’est avec une grande tristesse et une profonde émotion que nous apprenons » cette nouvelle, écrit la maire sur le site Internet de la ville. « Son état de faiblesse avait conduit à son hospitalisation il y a deux semaines », poursuit-elle. Les drapeaux seront mis en berne et un hommage lui sera rendu dans les prochains jours.
Né le 14 mai 1928 à Châlons-sur-Marne, Jack Ralite avait adhéré au PCF en 1947. Cet infatigable militant politique fut député de la Seine-Saint-Denis de 1973 à 1981. Il est ensuite devenu l’un des ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy, sous la présidence de François Mitterrand. En charge de la santé de 1981 à 1983, puis ministre délégué à l’emploi de 1983 à 1984, M. Ralite fut également sénateur de Seine-Saint-Denis pendant seize ans, de 1995 à 2011.
Epris de culture
Animateur des Etats généraux de la culture, président de l’association des Carnets Bagouet, membre des conseils d’administration du Théâtre du peuple et d’autres institutions… « Connu pour avoir promu la culture, il a fait de celle-ci un outil d’émancipation humaine », rappelle Mme Derkaoui.
Les hommages se multiplient sur le réseau social Twitter, en particulier des personnalités de gauche. « Une voix communiste inspirée et attentive à toutes les formes de la culture s’éteint », a déploré le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.
« Triste journée, Jack Ralite, mon ami, mon camarade, ce grand et beau monsieur est décédé aujourd’hui… », réagit la sénatrice Communiste républicain et citoyen (CRC) de Seine-Saint-Denis Eliane Assassi. « Attaché à la gauche rassemblée, il défendait la banlieue avec sensibilité », écrit Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis. « La France perd un formidable défenseur de l’art et de la culture », renchérit la maire de Paris, Anne Hidalgo.
Homme de conviction
« Moi, j’écris le mot “communisthme”, comme un isthme, parce que c’est exactement ça. Aucune des idées contenues dans le communisme n’a jamais été appliquée, cela reste donc une aventure à mener. Et puis j’ai pris le chemin du communisme depuis mon passage en prison (durant l’Occupation), sans en avoir conscience, mais vivant comme témoin et victime de sa signification profonde », affirmait l’ancien journaliste à L’Humanité à Karelle Ménine, un dialogue que l’auteure rapporte dans son ouvrage La Pensée, la poésie et le politique.
Dans un article paru en 2015, Les Inrocks se demandaient s’il n’était pas le plus grand ministre de la culture de tous les temps. « Jack Ralite n’aura jamais dévié d’un pouce de ses convictions, lesquelles s’enracinent dans une filiation historique où se croisent et finalement se mêlent figures politiques (Robespierre) et artistiques (Louis Aragon, Victor Hugo, René Char, Saint-John Perse, Merce Cunningham, Jean Vilar, Julien Gracq…) », affirmait le magazine.
Dans un communiqué, Jack Lang admet que « Jack Ralite aurait pu être un très grand ministre de la culture ». « Nous avons tous puisé notre inspiration auprès de lui. Son sens de l’utopie concrète nous a toujours apporté foi et espérance », déclare-t-il dans son hommage.




