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    La CGT lance une nouvelle grève de travailleurs sans-papier

    CGT immigration

    Brève publiée le 15 février 2018

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://ouvalacgt.over-blog.com/2018/02/la-cgt-lance-une-nouvelle-greve-collective-de-travailleurs-sans-papiers.html

    Depuis lundi, à l’initiative de la CGT, 120 travailleurs sans papiers sont en grève dans 6 établissements d’Ile de France (voir le tract confédéral ci-joint).

    Voilà qui retient l’attention au moment où le gouvernement Macron/Philippe s’apprête à publier une nouvelle loi répressive contre les migrants et les travailleurs sans-papiers (voir l’intégralité du projet ICI). Voilà qui vient s’ajouter à la mobilisation permanente entretenue par certaines structures CGT, par les collectifs de sans-papiers, la CSP 93 en Seine Saint-Denis, ou le CTSPV (Collectif de Travailleurs Sans Papiers de Vitry) qui intervient désormais également sur Montreuil et Courbevoie. D’autant que là c’est toute la Confédération qui s’implique dans l’affaire, comme en témoigne l’intervention immédiate de Philippe Martinez.

    Et il y avait besoin de refrapper un grand coup, histoire de relayer l’indignation de plus en plus large contre la politique du gouvernement envers les migrants, contre les sans-papiers !

    Histoire d’avancer vers la régularisation sans condition de tous les sans-papiers, contre le cas par cas, pour la libre circulation.

    Au moment aussi où le combat pour la régularisation, déjà difficile, se durcit de plus en plus dans les préfectures qui adoptent la lecture la plus restrictive possible du CESEDA et de la circulaire Valls de 2012 (voir l'article sur notre blog). Des dossiers « bétons » sont refusés, des renouvellements sont refusés, on donne des autorisations de séjour sans autorisation de travail (la fameuse carte Sacko inventée en 2010) etc.

    La circulaire de novembre avait déjà donné le ton, ses termes vont désormais rentrer dans la loi, interdisant désormais la toute petite latitude qu’il restait aux préfets.

    Le mouvement relancé par la CGT est donc positif et bienvenu, on ne crachera pas dans la soupe. Après la victoire des coiffeuses du Boulevard de Strasbourg (lire «Yvelines, La Mamma, Bd de Strasbourg : Sans-papiers toujours debout pour le combat ! ») dont l’exploitation vient d’être reconnue comme « traite d’êtres humains », il était temps de reprendre l’offensive pour mettre un coup d’arrêt à la politique gouvernementale réactionnaire, raciste et antiouvrière.

    Donc, Bravo !

    Cela dit, on ne peut, une fois de plus, que regretter le manque d’ambition de la mobilisation. Juste une allusion à l’article 16 du projet de loi, la pénalisation de l’utilisation des « alias », ces fausses identités utilisées par les sans-papiers pour trouver un travail et qui jusqu’à présent étaient tolérées plus ou moins dans la procédure de régularisation. C’est ce qui a été souligné avec insistance dans les réunions préparatoires à ce mouvement gréviste, c’est l’objectif immédiat de la grève.

    Pas un mot sur l’augmentation de la rétention de 45 à 90 jours, cette prison qui ne dit pas son nom (la CIMADE dit elle-même que le renvoi au pays, s’il a lieu, se fait dans les quinze jours). Pas un mot sur l’accélération de la procédure de demande d’asile, facteur de rejet. Pas un mot sur la sélection selon la qualification proposée par la nouvelle loi (« facilitation de la régularisation pour certaines catégories de salariés par des entreprises bénéficiant d’une reconnaissance particulière de l’Etat », article 24), la porte ouverte aux diplômés immigrants pour les entreprises impérialistes françaises, tout en la fermant aux prolétaires non qualifiés.
    Bref, le mouvement de grève lancé par la CGT cible juste (l’utilisation des alias prévu dans l’article 16, qui va considérablement freiner les régularisations), mais reste très étriqué.

    En même temps, la CGT, quoiqu’active, n’a jamais été un foudre de guerre sur la question. Là, le tract ne parle que des circulaires de Sarkozy et on prétend sans honte qu’on l’avait obligé à reculer… Ce qui est malheureusement faux (qui se souvient de la circulaire Besson fin 2009 ?). Et en plus il passe la brosse à reluire à Hollande qui lui, aurait régularisé après les grèves. Ce qui est vrai, mais seulement la marque du rapport de forces de l’époque, et rien d’autre, parce que la circulaire Valls de sa présidence elle est belle et bien là... Toutes les circulaires successives (Besson et Valls pour les dernières) n’ont fait qu’aggraver la situation des sans-papiers, voilà la réalité. Tous les gouvernements successifs, depuis quarante ans, se sont attaqués à nos camarades immigrés, avec ou sans-papiers (Les lois Barre-Bonnet-Stoleru, la loi Chevènement de 1998, au hasard...).

    Pour les ignorants, les amnésiques et les menteurs, nous invitons à relire les dizaines d’articles de ce blog sur la CGT et les sans-papiers depuis 2007, au fil des échéances, ICI. Des leçons à méditer…

    Quoiqu’il en soit, nous le répétons, la reprise du mouvement gréviste, pour limité qu’il soit, est une bonne chose dans le contexte actuel. Cela peut être un point d’appui pour un élargissement, pour effectivement faire reculer le gouvernement.

    L’occasion de tenter d’ouvrir d’autres fronts, de relancer la mobilisation des collectifs de sans-papiers, d’alerter les médias et le monde du travail sur cette nouvelle attaque contre tous les travailleurs !

    Régularisation sans condition de tous les sans-papiers !
    Le cas par cas, on n’en veut pas !
    Libre circulation des travailleurs et des réfugiés !
    A bas les lois anti ouvrières et racistes !