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Et hop, un nouvel exil indépendantiste catalan mais, cette fois-ci, en Suisse !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Anna Gabriel, la dirigeante la plus connue de la coalition anticapitaliste CUP, devait répondre, hier, devant le Tribunal Suprême espagnol, du délit de rébellion. Mais elle ne s'est pas présentée devant le juge. La stratégie d''internationalisation du conflit catalan avance ses pions alors que la Justice espagnole, très dépendante du gouvernement, est de plus en plus décrédibilisée en Europe !
La CUP : "Anna n'a pas fui, elle a cherché refuge à cause d'une persécution politique"
Dans la perspective d'un procès considéré comme politique, la CUP répond sur le terrain politique. C'est ce qu'a défendu l'avocat et ancien député anticapitaliste, Benet Salellas, au sujet de la décision de Anna Gabriel de s'installer à Genève et de ne pas comparaître devant le Tribunal Suprême. "Anna n'a pas fui, Anna a cherché refuge à cause d'une persécution politique" a-t-il assuré en compagnie de députés, d'anciens députés et de membres du secrétariat national de la CUP.
C'est en ce sens que Salellas a dénoncé le fait que "ce ne soient pas des faits mais des projets politiques qui soient jugés" et il a lancé un cri d'alerte : la justice espagnole "a un problème avec tout ce qui n'est pas le projet nationaliste espagnol". Il a pris l'exemple de la confirmation de la condamnation ce mardi du rappeur majorquin Valtonyc.
CUP: "L'Anna no ha fugit, ha buscat refugi" © El Nacional.cat
L'avocat de la CUP a justifié cette décision de se "réfugier" dans la ville suisse car, avec ses camarades, il considère que Gabriel n'aura pas droit à un procès juste. De fait les prochaines mesures à prendre par le parti seront fonction des actions de la justice et du Gouvernement espagnol. Il n'en reste pas moins, a-t-il indiqué, qu'au cas où serait formulée une demande d'extradition à l'encontre d'Anna, il solliciterait qu'elle bénéficie du droit d'asile politique.
Il a calculé qu'une demande d'extradition ne déboucherait que dans un délai six à dix mois. Il s'est dit convaincu que la justice suisse offrirait les garanties que ne présente pas la justice espagnole.
Le second front international
L'actuelle députée cupera Maria Sirvent, qui est aussi intervenue sur le sujet, a émis la critique qu'il s'agit d'un "mégaprocès qui vise à persécuter tout un peuple et qui répond à la soif de vengeance d'un Etat répressif". C'est pourquoi, "face à un jugement politique", elle a défendu que cet exil signe un acte politique. Elle a dit que "Cette défense politique implique que l'on ne cède pas aux actions engagées par les tribunaux espagnols ni à la répression".
Sirvent a donné des précisions sur la stratégie de défense de la CUP : elle se résume à deux lignes de front disposées dans "un cadre commun". D'une part, la "défense politique" qu'a assumée, la semaine dernière, l'ancienne députée Mireia Boya dans sa déposition devant le juge Llarena; d'autre part, l'exil de Gabriel dans le but d'internationaliser le conflit "au-delà de nos frontières" mais aussi au-delà de Bruxelles. C'est ainsi que Salellas a rappelé que Genève est le siège de nombreux organismes internationaux des droits humains. Il a envisagé que cela permette d'ouvrir "une nouvelle source de pression" sur l'Etat.
Salellas a montré sa stupéfaction au constat que "nous ne savons pas ce qui est l'objet de la comparution", il est un jour question du référendum, un autre jour de la déclaration d'indépendance et même de la négociation des budgets. Il a aussi dénoncé que soit engagée une triple procédure comprenant celle du TS, celle de la juridiction numéro 13 de Barcelone et celle de la Audiencia Nacional.
Article original https://www.elnacional.cat/es/politica/cup-gabriel-ginebra-suprem_241044_102.html
Traduction Antoine Rabadan
A lire aussi ANNA GABRIEL A GENEVE (traduction d'un article de El Mundo)
Le Gouvernement suisse déclare, à propos de l'affaire Gabriel, qu'il n'extrade pas pour des délits politiques
Des socialistes suisses soutiennent Gabriel
Le vice-président de l'Intergroupe sur la Catalogne au Parlement de la Suisse, le socialiste Mathias Reynard, a exprimé tout son "appui" à l'ex députée de la CUP Anna Gabriel qui se trouve à Genève. Dans un tweet, Reynard a déclaré que "la Suisse des Droits de l'Homme et de la démocratie directe" doit être "un lieu sûr" pour Gabriel.
[SUBTITULAT] Anna Gabriel: "Suïssa decidirà que farà amb mi" © El Nacional.cat
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