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Congrès de FO à Lille : Jean-Claude Mailly hué

syndicalisme

Brève publiée le 24 avril 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Le Parisien) Pour son dernier congrès, Jean-Claude Mailly, à la tête de FO depuis 2004, a été sifflé par une partie de l’assistance qui critique le manque de combativité de FO lors de la négociation des ordonnances Loi Travail.

Un badge rouge signé « Force ouvrière » autour du cou, un militant écarquille les yeux. «D’habitude, l’ambiance est bon enfant. Cette année, c’est différent. Les gens en ont marre. Il se lâchent ». Ce lundi matin au Grand Palais de Lille, le 24e congrès de Force ouvrière -qui se tient jusqu’à vendredi- vient à peine de débuter dans une salle surchauffée que Jean-Claude Mailly, le patron sortant du troisième syndicat français a déjà essuyé une dizaine de salve de sifflets. Il le savait.

« Cette année, le congrès sera rock’n roll », avait prédit la semaine dernière le syndicaliste de 65 ans, à la veille de prendre sa retraite; Très décrié en interne depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le patron de FO, à la tête de la centrale depuis 2004 passe cette année la main à son n°2 Pascal Pavageau dans une ambiance tendue. Engoncé dans son siège au milieu de la scène, devant une nappe rouge sur fond rouge, le patron de FO voit ses pronostics se concrétiser.

«Je ne comprends pas tes positions sur les ordonnances»

Hôte du congrès, Martine Aubry, d’abord, lui réserve ses premières piques. «Nous avons eu beaucoup d’engueulades mais tu sais, mon cher Jean-Claude, que je ne comprends pas tes positions sur les ordonnances » tacle d’abord la maire de la ville hôte en guise de discours de bienvenue. La maire socialiste de Lille, qui connaît de longue date le « camarade Jean-Claude», natif de Béthune (Pas-de-Calais) et encarté au PS jusqu’en 2017, recueille de chaleureux applaudissements.

Le deuxième round est pour Xavier Bertrand, président (DVD) du conseil régional des Hauts-de-France qui attaque d’emblée, sybillin: « Ne t’inquiète pas Jean-Claude. Je ne vais pas parler de toi, je ne veux pas te compromettre! », suscitant des cris de satisfaction dans l’assemblée. « Je ne suis ni chiraquien, ni sarkozyste, ni hollandais, ni macroniste », se défend ensuite Mailly à à la tribune à l’occasion de la présentation de son rapport d’activité.

Las. La majorité de l’assistance, dont une partie le couvre de huées, ne semble pas convaincue. «Une partie des gens huent, les autres approuvent, c’est la vie ordinaire à FO. Mais cette fois, les ordonnances Macron sont restés en travers de la gorge de la plupart des militants. Il n’a pas respecté sa feuille de route. Beaucoup ont jugé Mailly trop peu combatif lors des négociations», décrypte Liza-France Paroisse, responsable FO dans l’Orne. « Il n’a eu aucune standing-ovation pour lui, c’est rare » renchérit un autre.

«L’état de délabrement de l’image de la confédération»

L’annonce par Jean-Claude Mailly, en mars, de son auto-désignation au comité social et économique européen suite à sa passation de pouvoir a également été très critiquée en interne. Marc Hébert, militant tendance « anarcho-syndicaliste » dans le Finistère enflamme la salle quand il évoque « l’état de délabrement de l’image de la confédération » et appelle à voter « contre » Jean-Claude Mailly. Les militants de FO, qui revendiquent leur liberté et leur indépendance politique par rapport aux partis, se prononceront jeudi sur le rapport d’activité de Jean-Claude Mailly.

Les résultats de celui-ci seront scrutés à la loupe. Lors des deux derniers congrès, en 2012 et 2015, le patron de FO avait recueilli 97% des votes. Cette année, ses résultats devraient être bien en-deçà. «Mais le pire score était situé autour de 80% », rappelle Liza-France. L’élection de Pascal Pavageau, seul candidat est prévue vendredi lors du dernier jour du congrès. A 49 ans, cet ingénieur des travaux public de l’Etat qui affiche sa stricte indépendance vis-à-vis de tout parti politique, s’est déjà inscrit dans une ligne plus contestataire que son prédécesseur.