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Extrême droite : première sortie parisienne pour le Bastion social
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Chaque année, le Groupe union défense rend hommage à un militant nationaliste mort à l'issue d’une manifestation en 1994. Mercredi soir, les dirigeants du groupuscule Bastion social étaient omniprésents dans ce rassemblement de plus de 170 personnes.
«Vous ne prenez pas de photos, sinon on va s’expliquer dans le parc à côté.» A sa manière, le président du Bastion social, Steven Bissuel, coordonne l’hommage au militant nationaliste Sébastien Deyzieu, mort à l’issue d’une manifestation d’extrême droite, en 1994, dans une chute de plusieurs étages alors qu’il était poursuivi par la police. Le GUD et le Front national de la jeunesse avaient alors créé deux jours plus tard le «comité du 9 mai» pour dénoncer les violences policières. Chaque année, ce «comité» organise une manifestation pour se recueillir au 4 de la rue des Chartreux, dans le VIe arrondissement de Paris.
Ce mercredi 9 mai, ils sont plus de 170 personnes à défiler en silence. Dans la foule, des crânes rasés côtoient des hommes en costumes impeccables. Les femmes sont minoritaires. L’une d’elle porte un tee-shirt du Bastion social. Sur son dos, on peut lire un slogan du groupuscule, né de la dissolution du GUD en 2017 : «L’Europe s’insurge contre la fatalité.»
Le cortège forme un rectangle quasi-parfait. Sur chaque côté, les manifestants portent des torches enflammées. Les bâtons sont si fins que certains se brûlent les doigts. Ils lâchent le flambeau par terre en secouant la main. Tout autour, les badauds s’interrogent face au défilé. Une joggeuse demande : «C’est pas le black machin là ?» Une femme, noire, décide de quitter les lieux en apprenant que l’extrême droite défile dans la rue d’Assas.
Des policiers pas inquiets
La manifestation s’arrête ensuite. Par petits groupes, les manifestants prennent une rue perpendiculaire. Le patron du Bastion social y tient un discours au mégaphone. Des fumigènes rouges sont allumés. Un chant grave monte dans les rues du VIearrondissement. La cérémonie se termine par un slogan crié trois fois : «Europe ! Jeunesse ! Révolution !» Steven Bissuel demande ensuite à tous les «responsables locaux» de le rejoindre. Des membres des antennes du Bastion social à Strasbourg, Aix-en-Provence et Lyon sont en effet présents.
Une centaine de policiers observe le rituel. Les forces de l’ordre ne semblent pas inquiètes de la manifestation. Un policier filme la scène des fumigènes enflammés qu’il envoie sur Snapchat. Un autre affirme que «le cortège est aussi fourni que l’année dernière». Rien d’inquiétant donc. Sauf que Streetpress estimait le nombre de manifestants à 80 en 2017, contre plus du double cette année.
Pour le Bastion social, cette manifestation est une première dans les rues de Paris. A Strasbourg, Lyon, Aix-en-Provence et Chambéry, leurs militants tractent dans les rues. Sur les réseaux sociaux, ils affichent leurs bonnes actions auprès des «Français délaissés par l’Etat», les Français «de souche», il va sans dire. Leurs implantations ne se font pas sans heurts. A Marseille, certains murs sont couverts de posters appelant à la manifestation contre le groupuscule néofasciste. A Strasbourg, des étudiants ont arraché des affiches du Bastion social dans la nuit du 28 au 29 mars. Ils ont été passés à tabac peu après. Le groupuscule néofasciste a publié un communiqué peu après en invoquant la «légitime défense».




