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    Sommet du G7: Trump fout tout en l’air

    Trump

    Brève publiée le 10 juin 2018

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://www.liberation.fr/planete/2018/06/10/sommet-du-g7-trump-fout-tout-en-l-air_1657921

    Visiblement vexé par des commentaires du Premier ministre canadien, Donald Trump a déclaré, dans une série de tweets rageurs, qu'il retirait le soutien des Etats-Unis au communiqué commun final du G7.

    Bon an, mal an, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient réussi à rédiger le traditionnel communiqué commun qui vient clore les sommets du G7. Il portait même le tampon «approuvé», signalant au moins un consensus de façade trouvé samedi, au terme de deux jours de discussions tendues à Charlevoix (Québec). Mais la conférence de presse de clôture du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, pendant laquelle il a qualifié «d’insultantes» les mesures douanières prises une semaine plus tôt par les Etats-Unis, et annoncé des «représailles» par le Canada à compter du 1er juillet, n’a visiblement pas été du goût de Donald Trump. Et l’a poussé à faire volte-face.

    «Suite aux fausses déclarations de Justin durant sa conférence de presse, et parce que le Canada impose d’énormes droits de douane à nos entreprises, nos fermiers et nos ouvriers américains, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des droits de douane sur les voitures qui inondent le marché américain!», a-t-il tweeté à bord d’Air Force One, qui l’emmène à Singapour pour sa rencontre avec le leader nord-coréen Kim Jung-un, mardi.

    «Faible et malhonnête»

    En un tweet (suivi par un second, tout aussi rageur, où Trump qualifie son homologue canadien de «faible et malhonnête»), le président américain a réduit à néant deux jours de discussions entre les chefs d’Etat et de gouvernement des pays du G7 - États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, et Canada - dans la petite ville de La Malbaie. Ces derniers mois, le président américain n’a cessé de se désolidariser des alliés traditionnels des Etats-Unis, du désengagement de l’accord de partenariat transpacifique (TPP) à la sortie de l’accord nucléaire iranien. Le 31 mai, il a décidé d’appliquer des taxes douanières sur l’acier et l’aluminium de pays dont il allait retrouver une semaine plus tard les représentants autour de la table du G7. Devenu un véritable «G6+1», alors que gronde la guerre commerciale.

    Avec sa sortie sur Twitter et son refus apparent de signer le communiqué final du sommet, Donald Trump vient contredire le satisfecit de Justin Trudeau, qui avait affirmé à peine quelques minutes plus tôt que le sommet avait été un «succès», et que les sept nations s’étaient mises d’accord sur de nombreux sujets économiques et diplomatiquesIl a également reconnu que de profondes divergences de vues persistaient entre Trump et les autres leaders, notamment sur le commerce.

    Bras croisés

    Les discussions de La Malbaie ont été «tendues et souvent conflictuelles», rapporte le New York Times. Une ambiance bien rendue par un cliché capturé par l’un des photographes officiels du gouvernement fédéral allemand, très commenté sur les réseaux sociaux samedi. L’image montre tous les chefs d’Etat et conseillers debout, sauf Donald Trump assis, bras croisés, comme un enfant réprimandé mais qui ne se départit pas de son sourire bravache et satisfait. En face de lui, la chancelière allemande Angela Merkel semble lui faire la leçon.

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    «Dans l’une des réunions à huis-clos, le président a prononcé un long monologue, rapporte une source citée par le New York TimesA un moment, il s’en prend violemment à l’Allemagne, qui profite des Etats-Unis en y vendant tant de voitures. La minute suivante, il évoque son grand-père, qui était Allemand, et rappelle combien il aime l’Europe.»

    Au lieu de l’adoucir, ce G7 au Canada semble avoir renforcé la conviction de Trump que son pays est traité injustement par le reste du monde et par les accords commerciaux négociés par ses prédécesseurs. Avec sa rhétorique «America First», le président américain a fait du rééquilibrage des échanges extérieurs des Etats-Unis une priorité pour l’emploi. En 2017, le déficit commercial du pays a atteint 566 milliards de dollars, un record depuis 2008. «Nous sommes la tirelire que tout le monde pille», a-t-il regretté.

    G8, à la russe

    Avant de quitter le Canada, Donald Trump a fait une proposition radicale: celle d’éliminer complètement et de manière réciproque tout droit de douane sur les biens et les services dans les échanges commerciaux avec les pays du G7. Tout en menaçant de mettre fin à tout commerce avec ceux-ci s’ils refusent d’abandonner leurs «pratiques commerciales injustes». Les autres pays ont choisi de ne pas faire le dos rond, et de répondre par des droits de douane équivalents. «En tant que Canadiens, nous sommes polis, nous sommes raisonnables, mais nous n’aimons pas non plus nous faire malmener», a rétorqué Justin Trudeau.

    Donald Trump a également mis sur la table le retour dans ce cénacle de la Russie, suspendue depuis l’annexion de la Crimée, en mars 2014. «Je préférerais voir la Russie dans le G8 plutôt qu’un G7, a-t-il plaidé. Un G8 est un groupe plus significatif qu’un G7».