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Note de conjoncture de l’Insee: "Ciel voilé en Europe"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Synthèse note de conjoncture de l’insee faite par un membre de la cgt-insee
Cette note, intitulée « Ciel voilé en Europe » formule de premières prévisions pour le second semestre. Elle est désormais accessible sur le site de l’Insee :
https://www.insee.fr/fr/statistiques/3567845
L’Insee relève que l’activité a freiné au premier trimestre, après une fin d’année 2017 dynamique, un peu surprenante, notamment la baisse du chômage. Toutes les composantes de la croissance sont en effet restées plates en début d’année. Le « climat des affaires » est passé des mots roses au morose. On retrouverait une plus grande vigueur par la suite mais sans atteindre les taux de croissance de 2017 et, peut-être surtout, avec des incertitudes accrues.
Selon l’Insee, la croissance du PIB en volume atteindrait 2,1 % en zone euro (après 2,6 en 2017) et 1,7 % en France (après 2,3). Ce fléchissement serait obtenu en dépit d’une contribution positive du commerce extérieur (enfin !) elle-même imputable à la fermeté de la croissance hors d’Europe et, en France, au calendrier des ventes aéronautiques. Mais la forte appréciation de l’euro risque de peser sur le compétitivité à l’exportation. Responsables de l’affaiblissement de l’activité : les grandes composantes de la demande intérieure, qui se replient toutes plus ou moins, et la contribution négative des stocks.
En fin d’année 2018, la consommation des ménages retrouverait un rôle actif, en raison d’une augmentation prévue du pouvoir d’achat. Cette augmentation annoncée résulte de facteurs contradictoires et son ampleur reste incertaine. Après le recul du pouvoir d’achat en premier trimestre – que l’Insee réaffirme en dépit des déclarations gouvernementales… – les mesures fiscales prévues stimuleraient la consommation. La hausse des prix, dont le pétrole est en bonne partie responsable, mangerait une partie de ces gains mais le bilan serait positif… avec une incertitude importante sur l’évolution de l’épargne des ménages. En effet, l’Insee ne le dit pas explicitement, mais le nouvel accroissement, vraisemblable, des inégalités en cours d’année 2018 déplace le pouvoir d’achat au détriment de ceux qui consomment tout leur revenu et au profit de ceux qui en épargnent une grande part.
L’emploi serait deux fois moins dynamique qu’en 2017 (+ 183.000 au total après 340.000). Le maintien des emplois aidés au second semetre, après la saignée de ces derniers temps, ne suffirait donc pas à compenser le recul de toutes les composantes de l’emploi marchand, notamment l’intérim. Après un léger regain en 2017, l’emploi indutriel régresserait de nouveau. Le chômage ne diminuerait que de 0,2 point sur l’ensemble de l’année. La baisse imprévue de la fin 2017 est sans doute due « de nature statistique » : rappelons que les résultats de l’enquête emploi ne sont connus qu’à environ 0,3 point près.
Le « ciel voilé » laissera-t-il la place à des nuages noirs, voire à des orages ? L’Insee présente toujours les principaux aléas qui affectent ses prévisions. Ces incertitudes sont particulièrement marquées cette fois-ci :
– l’endettement et la remontée probable des taux d’intérêt en raison de la politique budgétaire « procyclique » aux États-Unis (dépenses militaires, réductions d’impôt alors que la croissance n’avait pas réellement besoin d’être soutenue, sinon pour des raisons politiques) ;
– les « tensions sur l’offre » et le comportement difficilement prévisible de la consommation (éventuellement plus dynamique que prévu) en Allemagne et en France ;
– tensions géopolitiques en Europe (Espagne, Italie, Royaume-Uni…) et dans le monde (politique « non coopérative » des États-Unis, éventualité d’une très forte augmentation des prix du pétrole…)
– sans même évoquer les craquements toujours possibles de la « planète finance ».
La note de l’Insee inclut aussi deux dossiers :
– le ralentissement de la productivié du travail et la prévision de l’emploi en France ;
– la décomposition du déficit commercial français selon les différents postes de la demande finale.
Les « éclairages » (petits dossiers) concernent :
– les effets des grèves dans les transportssur l’activité économique du deuxième trimestre (page 69) : il serait inférieur à 0,1 point de PIB au cours du trimestre et serait suivi d’un rebond ;
– la revalorisation du salaire minimum apporterait 0,4 point de croissance au salaire moyen par tête britannique en 2018 ;
– un durcissement de la politique américaine vis-à-vis de la Chine ne serait pas sans risque pour l’activité aux États-Unis ;
En réponse aux questions des journalistes, l’Insee indique notamment :
– que l’institut ne donne pas d’estimation concernant la croissance potentielle de l’économie (qui dépend des hypothèses retenues) : les 1,2% ou autres chiffres affirmés ça et là n’engagent que leurs auteurs…
– que l’effet « Coupe du monde » sera globalement très faible dans notre pays, s’agissant d’une compétition qui n’est pas organisée par la France : seuls seraient stimulés les achats de téléviseurs ainsi que la consommation de pizzas et de bière, mais l’effet macroéconomique en sera probablement limité, même si l’équipe de France arrive en finale (ce que les modèles de l’Insee ne savent pas encore prévoir)…




