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    Affaire Benalla: la journée-clé du 2 mai reconstituée, heure par heure

    Benalla

    Brève publiée le 24 juillet 2018

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://www.leparisien.fr/politique/affaire-benalla-la-journee-cle-du-2-mai-reconstituee-heure-par-heure-23-07-2018-7830663.php#xtor=AD-32280599

    Les auditions pour les besoins de l’enquête parlementaire du ministre de l’Intérieur et du préfet de police de Paris ont levé le voile sur la manière dont l’information a circulé dans la journée du 2 mai.

    Qui savait quoi ? Et à quel moment ? Si l’affaire Benalla a éclaté au grand jour le 18 juillet après sa révélation par Le Monde, elle s’est nouée presque entièrement le 2 mai, au lendemain de la manifestation lors de laquelle le conseiller élyséen a été filmé frappant un manifestant.

    Les auditions ce lundi du ministre de l’Intérieur et du préfet de police de Paris ont permis de reconstituer la manière dont ils ont appris l’existence de la vidéo, et l’identité embarrassante de l’auteur des violences. Et comment ils ont tous les deux estimé que l’Elysée avait pris l’affaire en main…

    10 heures, lundi 2 mai : la rumeur d‘une vidéo de violences policières… Le 2 mai au matin donc, après des interviews sur France Inter et BFMTV et une réunion de l’état-major de la police, Michel Delpuech préfet de police de Paris, est sur le chemin de la préfecture lorsqu’il apprend « vers 10 heures » par téléphone, de son directeur de cabinet, « que circulerait sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des violences policières à l’occasion des manifestations » de la veille. Il demande alors à « en savoir plus ».

    10h15 : l’Elysée révèle à Michel Delpuech qu’il s’agit de Benalla. « A 10h15, poursuit Michel Delpuech, j’ai reçu un appel d’un collaborateur de l’Elysée, Laurent Hottiaux. Il vient aux nouvelles auprès de moi pour me parler de l’affaire Benalla, je ne comprends pas de quoi il parle et ma réponse est toute de surprise ».

    Le préfet lui assure qu’il va se renseigner. Dans la foulée, il se rend dans le bureau de son directeur de cabinet pour visionner la fameuse vidéo, dénichée par son service de communication.

    « Me revient à ce moment-là un épisode de la soirée du 1er mai », indique Michel Delpuech. La veille au soir en effet, alors qu’il saluait aux côtés de Gérard Collomb l’ensemble des services réunis dans « la salle d’information et de commandement de l’ordre public et de la circulation » de la préfecture, il se souvient avoir croisé à sa grande surprise Alexandre Benalla. « Au moment de lui serrer la main : “vous êtes là”, sa réponse : “J’étais sur le terrain, je suis venu”. Je précise qu’à cette heure-là, il est 20h30 ».

    A l’évidence, le préfet connaît donc Alexandre Benalla dont il dira durant son audition qu’il « était un interlocuteur connu » des autorités. Pourtant, Gérard Collomb assure de son côté qu’il ne savait « strictement rien » des fonctions d’Alexandre Benalla ce soir-là et qu’« il y avait une quarantaine de personnes, il n’était pas directement en ma présence ».

    10h30 : le préfet prévient l’Intérieur… déjà au courant. Retour au 2 mai, vers 10h30, lorsque le préfet, après avoir donc visionné cette vidéo, « joint en premier lieu le cabinet du ministre de l’Intérieur, qui me répond qu’il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Elysée sur le sujet ». « Etonné de n’avoir pas été alerté par le cabinet du ministre de l’intérieur », Delpuech explique qu’à ce stade, « il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l’autorité hiérarchique dont il dépendait (NDLR : l’Elysée) ».

    Début d’après-midi : Collomb mis au courant par ses services. A ce stade, selon ses dires, le ministre de l’Intérieur n’est toujours au courant de rien. « Ce n’est qu’en rentrant en début d’après-midi que mon directeur de cabinet et mon chef de cabinet m’informent de l’existence d’une vidéo, de l’implication de M. Benalla, de la qualité de celui-ci », assure-t-il. « Ils m’indiquent avoir porté cette information à la connaissance du cabinet du président de la République » ajoute Gérard Collomb. Une démarche que l’ancien maire de Lyon qualifie de « tout à fait appropriée, puisque c’est à l’autorité hiérarchique de prendre toutes les mesures qui s’imposent sur le plan administratif comme sur le plan judiciaire. »

    Dans la journée : Delpuech enquête. A une heure indéterminée de la journée, Michel Delpuech tente lui d’en savoir plus. Il affirme avoir joint le directeur de l’ordre public et de la circulation pour savoir dans quelles conditions Alexandre Benalla avait pu participer à la manifestation avec les policiers, « sans que j’en sois informé ». Son interlocuteur lui apprend alors « que c’est le contrôleur général, chef d’état-major adjoint (NDLR : Laurent Simonin) qui avait, sans en rendre compte à son directeur, organisé l’accueil de M. Benalla ».

    Pour obtenir ce feu vert, Alexandre Benalla s’est également « prévalu d’un accord du cabinet de l’Elysée », explique Michel Delpuech, qui réaffirme n’avoir « jamais été sollicité ».

    De sa conversation avec le directeur de l’ordre public, ressort également qu’avaient été mis à la disposition d’Alexandre Benalla, « comme c’est le cas dans ce genre de circonstances », un casque et un major pour l’accompagner. « D’autres moyens ont-ils été fournis à mon insu ? A la justice de le déterminer », s’interroge Michel Delpuech…

    Dans la soirée : Collomb apprend qu’une sanction va être prise. « Dans la soirée du 2 mai », Gérard Collomb apprend de la bouche de son directeur de cabinet « qu’une sanction va être prise » contre Alexandre Benalla. « Les faits signalés étaient pris en compte à un niveau adapté et je ne m’en suis plus occupé ».

    A ce stade donc, la préfecture de police comme le ministère de l’Intérieur estiment que l’affaire est gérée par le cabinet de la présidence de la République. Raison en tout cas invoquée par Gérard Collomb pour n’avoir pas saisi l’IGPN. Plus personne ne s’en occupera donc jusqu’au soir du 18 juillet, lorsque l’affaire sera portée par Le Monde à la connaissance du grand public.