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Besançon, étudiants condamnés : “Selon que vous serez puissant ou misérable...”
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les étudiants qui avaient envahi le conseil d'administration de l'université de Franche-Comté ont été condamnés à des peines avec sursis cette semaine. Des organisations syndicales et politiques se sont réunies en comité de soutien le 27 juillet 2018 et protestent contre ce jugement.
Ces étudiants, ils étaient une vingtaine, protestaient contre la réforme des masters. Au moment des faits, en février 2017, des policiers en tenue anti-émeute étaient venus déloger les jeunes manifestants. 17 personnes avaient été placées en garde à vue pendant 24 heures et deux autres pendant 45 heures pour "séquestration en réunion".
Onze d'entre eux avaient choisi un stage de citoyenneté comme peine. Pour le reste des étudiants, qui avaient refusé de plaider coupables, le délibéré du tribunal correctionnel est tombé, ce vendredi 27 juillet. Au total, sept étudiants étaient poursuivis :
► Trois étaient poursuivis pour dégradations et ont été relaxés
► Un a été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour séquestration
► Un a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour rébellion et séquestration
► Deux ont été condamnés à 5 et 3 mois de prison avec sursis pour rébellion, violence à l'encontre de policiers et séquestration.Ils devront verser des dommages et intérêts aux policiers en question.
Les étudiants ne savent pas encore s'ils vont faire appel de cette décision.
Dans un communiqué, les signataires (Sud Education, CGT, FSU et NPA) protestent contre ces peines qu'ils jugent disproportionnées au regard des faits commis et ils y voient une sanction politique. Ils espèrent aussi que d'autres organisations syndicales, associations ou partis politiques vont les rejoindre.
Voici le communiqué in extenso :
"Le verdict est tombé ; les masques aussi !
Les membres du comité de soutien éprouvent un profond dégoût, une complète incompréhension et une vive indignation à l’énoncé du verdict ayant frappé, ce vendredi 27 juillet, une partie des 19 étudiant-es de la “Saint Valentin “ bisontine.
* Dégoût tout d’abord, car il faut rappeler de quoi se sont rendus “coupables” ces militant-es pour mériter de telles peines :
Ils et elles ont occupé, le 14 février 2017, le Conseil d’Administration de LEUR université pour lire un texte dénonçant les conditions de mise en application de la sélection en master et demandant son report avec tenue de réunions pour informer étudiants et enseignants.
* Incompréhension face à l'amplitude des peines infligées à ces 19 militant-es qui ont toujours revendiqué une action commune, menée pacifiquement ensemble : de 3 à 5 mois de prison avec sursis, assortis d'amendes variables.
* Indignation quand on comprend que les plus lourdes peines frappent ceux qui ont un engagement syndical ou politique.
Le comité de soutien est déterminé à rester aux côtés de ces étudiants injustement réprimés pour leur apporter tout son soutien dans cette affaire qui tourne très clairement au procès politique, le pouvoir, d'une façon de plus en plus décomplexée et brutale, cherchant à annihiler systématiquement toute forme de contestation sociale.
Nos organisations demandent à l’équipe présidentielle de l’UFC de revenir sur ses déclarations, en raison même de la situation intolérable que son comportement totalement inadapté et malveillant a engendrée :
- démentir publiquement ses accusations diffamatoires et fallacieuses
- reconnaître l'aspect politique et syndical de l'occupation du CA
Quand on compare les 15 jours de suspension dont a écopé le très proche collaborateur du chef de l’Elysée, filmé le 1er mai en pleine scène d'agression de manifestants, avec les poursuites pénales engagées et les peines prononcées à l’encontre de ces militants étudiants, ces vers de La Fontaine viennent spontanément à l’esprit :
Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Le comité de soutien invite tous les personnels, parents et étudiants à se mobiliser dès la rentrée universitaire pour lutter contre cette flagrante injustice.
Laisserons-nous le silence des tongs couvrir le bruit des bottes ?
Nous envisageons toutes les réponses, y compris juridiques, pour obtenir que justice soit faite et les peines abandonnées."




