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Ryanair menace de licencier. Les pilotes d’Allemagne: 96% en faveur de la grève
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Par Eric Renette
Ryanair n’en a pas fini avec les grèves de son personnel, ni leurs répercussions. La grève du personnel de cabine, mercredi et jeudi dernier, avait suscité une réaction courroucée de la compagnie low-cost irlandaise. Dès vendredi, celle-ci avait envoyé une lettre au personnel qui avait débrayé simultanément dans quatre pays (Belgique, Espagne, Italie, Portugal) dans laquelle elle signalait aux grévistes qu’elle les considérait en «no show» les jours de grève, comme s’ils ne s’étaient pas présentés au travail. Une «absence non autorisée» qui serait portée à leur « liste des absences et prise en considération avec tous les autres facteurs de performance quand ils demanderont l’accès à une promotion ou à une opportunité de transfert.»
En réaction, samedi 28 juillet, le syndicat chrétien [Centrale nationale des employés, liée à la CSC: Confédération des syndicats chrétiens] s’était fendu d’une lettre à différents responsables politiques, aux niveaux fédéral (Belgique) et européen, dénonçant la manière dont la compagnie faisait pression sur le personnel : «Un no show est une faute lourde qui amène le plus souvent au licenciement sans indemnité en cas de répétition. C’est pour nous parfaitement scandaleux. Participer à une grève ne peut en aucun cas être considéré comme une faute. Cela va à l’encontre de toutes les conventions internationales.»
Suite du feuilleton ce lundi 30 juillet avec une réponse du vice-Premier et ministre de l’Emploi, Kris Peeters [membre du parti Chrétiens-démocrates et flamands, CD&V], qui intervient dans le débat en rappelant que «le droit de grève signifie que les employés ne peuvent pas être licenciés en raison de leur participation à une grève. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’une grève est correctement déclarée et reconnue par un ou plusieurs syndicats.» Le ministre rappelle que, début juin, l’annonce du préavis de grève avait été suivie d’une procédure de conciliation et qu’il appelle «l’entreprise à ne pas laisser le conflit s’intensifier, mais au contraire à mener un dialogue social avec les syndicats en vue de solutions durables.»
Les Allemands embraient
Ce n’est pas le type de réaction qu’espérait Didier Lebbe, de la CNE. «Ce qu’on demandait au ministre, ce n’est pas de se remettre autour d’une table mais on lui demandait de prendre des sanctions contre une entreprise qui ne respecte pas la législation et menace de répercussions la participation à une grève. En conciliation, on a bien vu que Ryanair ne veut pas discuter. Ses représentants disaient clairement devant le conciliateur qu’ils ne veulent parler d’aucune de nos revendications. Ça fait des années qu’on demande qu’on sanctionne cette entreprise qui ne respecte ni les travailleurs ni les passagers. Qu’ils réagissent comme si une entreprise de Corée du Nord venait s’installer en Belgique mais décidait d’y appliquer exclusivement le droit de la Corée du Nord…»
Enfin, dernière pièce à ajouter au dossier (pour ce lundi), le syndicat des pilotes basés en Allemagne a annoncé qu’une majorité de ses membres (96 %) s’était prononcée en faveur d’une grève pour réclamer des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Le syndicat a donné à la direction jusqu’au 7 août pour faire une proposition.
D’autres réactions sont attendues à travers l’Europe. Ryanair est loin d’avoir éteint l’incendie social qui perturbe ce qui aurait dû être une belle saison d’été… (Article publié dans le quotidien Le Soir, en date du 31 juillet 2018; voir les articles publiés sur ce site – 7 mars 2018, 24 et 26 juillet 2018 – sur cette mobilisation des salarié·e·s dont le statut est précarisé selon les méthodes d’un management qui cherche à s’imposer dans le secteur aérien et dans de nombreux autres secteurs, une traduction d’une restauration de plus en plus complète du pouvoir patronal, Réd. A l’Encontre)




