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Fleury-Mérogis : des décès qui posent question

Brève publiée le 8 août 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://www.franceinter.fr/justice/fleury-merogis-des-deces-qui-posent-question

La situation est tendue à Fleury-Mérogis, le plus grand centre pénitentiaire d'Europe. La maison d'arrêt, qui connait un taux d'occupation de 143%, a enregistré depuis le début de l'année le décès de 11 détenus (dont 9 suicides), un record.

Fleury-Mérogis connait un taux d'occupation de 143% et 1 surveillant pour 80 détenus

Fleury-Mérogis connait un taux d'occupation de 143% et 1 surveillant pour 80 détenus © Radio France / Nathanael Charbonnier

11 décès en seulement six mois. À titre de comparaison, il y a avait eu 11 décès l'an dernier sur l'ensemble des prisons de la région parisienne. 

Pourtant, Fleury-Merogis est loin d'être le centre de détention le plus problématique de France. Comment expliquer cette situation ?

À Fleury-Mérogis, c'est avant tout un problème d'effectifs. Il y a aujourd'hui 1 surveillant pour 80 détenus. C'est bien insuffisant pour François Bes de l'Observatoire International des Prisons : "Les surveillants sont en nombre insuffisant par rapport au nombre de détenus, il y a une tension permanente, tout ça crée un climat général qui n'est pas propice à ce que les personnels portent attention de manière soutenue aux personnes détenues."

Beaucoup des décès constatés cette année à Fleury-Mérogis posent question. Sur les conditions dans lesquelles le détenu a été placé sous surveillance ou pas, sur la rapidité avec laquelle sa situation a été prise en compte, sur les enseignements qui ne sont pas toujours tirés. 

Et pourtant, à chaque suicide, un signalement judiciaire est lancé. Mais on n'en connait pas toujours les issues, constate François Bes : "On espère des réponses du ministère et surtout la transparence, parce que à travers ces différentes affaires on retombe systématiquement sur les mêmes choses, que ce soit des décès, suicides, etc il y a des demandes d'informations complémentaires. Les gens, les proches, les familles manque d'informations claires sur ce qui a pu se passer et l'administration même si on interne fait des choses elle ne dit rien." Les familles restent ainsi dans l'ignorance et le doute. 

À Fleury, 7 des 9 détenus qui se sont suicidés cette année avaient moins de 23 ans.