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Prison à Nîmes : "Personne ne mérite d’être moins bien traité qu’un animal"

Brève publiée le 9 août 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://www.midilibre.fr/2018/08/08/prison-a-nimes-personne-ne-merite-detre-moins-bien-traite-quun-animal,4671811.php

Me Khadija Aoudia monte au créneau après la visite de la ministre de la Justice ce lundi 6 août.

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La situation est toujours préoccupante à la maison d’arrêt, êtes-vous toujours aussi révoltée de cet état de fait ?

La situation à la prison est déplorable et inhumaine. Depuis 2012, je n’ai de cesse de dénoncer la surpopulation, l’insalubrité, les conditions inhumaines et dégradantes conduisant détenus et surveillants à vivre dans des conditions inférieures à celles d’animaux au sein d’un refuge.

La canicule frappe-t-elle aussi les détenus ?

Nous sommes en pleine vague de chaleur. Les cellules ne sont pas aérées. Parfois, la température peut atteindre ou dépasser les 40 degrés. Cela s’apparente à de la torture. J’ajoute que les détenus sont confrontés à cette chaleur en vivant à trois dans une cellule de 9 m² et cela pendant plus de 20 heures par jour avec un seul lavabo et un WC dans la même pièce...

Est-ce que les détenus ont accès facilement aux douches pour se laver et se rafraîchir ?

Le règlement intérieur de la maison d’arrêt impose, en raison de l’infrastructure et de la surpopulation, un accès aux douches seulement quatre fois par semaine. C’est purement et simplement indigne !

L’agression d’un surveillant met en exergue la question de la place des pathologies psychiatriques en détention. Cet individu a d’ailleurs été interné. Quelle est la place de ces troubles mentaux en prison ?

Selon les professionnels de santé, 30 % de la population carcérale souffre de troubles mentaux avérés. Par ailleurs, les conditions d’incarcération sur les personnalités les plus vulnérables favorisent le développement des pathologies mentales. Or, le personnel pénitentiaire n’est pas compétent pour traiter et accompagner ces troubles mentaux.Donc, tout le monde se retrouve en danger.

Que préconisez-vous en urgence ? Que diriez-vous à la ministre de la Justice qui s’est rendue à Nîmes ce lundi ?

Je dirais à la ministre que le personnel pénitentiaire et les détenus n’ont pas besoin d’une visite de courtoisie. Ils attendent le respect de la dignité humaine. La privation de liberté ne doit pas avoir pour conséquence la négation du statut d’être humain. Dans l’urgence, il faut désengorger la maison d’arrêt de Nîmes. Nous ne pouvons pas construire de nouvelles places de prison en quinze jours.

Le changement de politique pénale et la gestion des flux des entrants doivent être revus et permettre des conditions de détention décentes. Je souligne avec force qu’un tiers de la population carcérale est atteint de troubles mentaux. Ces personnes doivent être transférées vers des structures médicales.

Humainement, les conditions de détentions évoquent quoi pour l’avocate et citoyenne que vous êtes ?

Je suis indignée et en colère. Je pense que personne ne mérite d’être moins bien traité qu’un animal. Dans certains cas, les détenus subissent une vraie violence physique et psychique.

# Ce mardi 7 août, le tribunal devait juger l’agresseur du surveillant de la maison d’arrêt. Le prévenu était jugé pour une autre affaire datant du mois de juin. Mais son hospitalisation d’office après l’épisode de violences à la prison a rendu sa comparution impossible. Le tribunal correctionnel a par ailleurs demandé à un expert de donner son avis sur l’état de santé mentale de cet homme de 21 ans. Me Aoudia a précisé ce mardi qu’elle assurait la défense ce jeune homme.

# En septembre 2017, l’avocate nîmoise avait engagé une procédure pénale contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui s’agissant des conditions de détention à la maison d’arrêt de Nîmes. L’affaire est en délibéré devant la cour d’appel de Nîmes.