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La politique de Blanquer transforme le chef d’établissement que je suis en manager
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Chef d'établissement ou manager?
A dire vrai, je ne m'étais jamais posé la question. Ou peut-être n'avais-je pas voulu le faire de manière explicite et frontale. Défenseur acharné de cette école qui transmet, qui donne du sens, accompagne les élèves vers la citoyenneté et met l'émancipation au cœur de son projet, voilà quelles ont toujours été mes ambitions. Comme chef d'établissement, j'ai toujours essayé de partager cette démarche collective avec les équipes avec lesquelles je travaille depuis maintenant 20 ans. Ce n'est pas rien 20 ans! C'est le temps de la maturité professionnelle, de l'approfondissement de la fonction, du recul sur les fondamentaux pédagogiques. Les officines privées, les inégalités? Une plaie pour l'école et ces ambitions qui nous dépassent, même si selon les contempteurs d'aujourd'hui, les constructivistes sont responsables du déclin de l'école.
Cette "insécurité" pédagogique des projets devenant un investissement au service des élèves, aidant ces derniers à réussir leur temps d'école en vue d'une insertion sociale et professionnelle sereine? Une belle nouvelle frontière éducative!
Pourtant, la conjonction des conservatismes est malheureusement à l'œuvre!
La petite musique du "nouveau management public" s'est peu à peu imposée dans le discours ambiant de ce nouveau monde", tellement plus audacieux que "ce vieux monde" tellement caricaturé!
La boussole de l'état d'une société se regarde selon la manière dont l'école est considérée. L'école aujourd'hui subit de plein fouet les attaques d'une société néolibérale. Me demande-t-on de devenir le manager et d'assumer "le pilotage par les résultats"? Je ne peux m'y résoudre car cela est une hérésie par rapport aux apprentissages et au bien public qu'est l'école. Il y a quelques années, j'avais écrit que les élèves n'étaient pas une marchandise. Ils sont sur le point de le devenir. L'école tend à devenir un marché! Les enseignants doivent être performants, identifiés à travers les évaluations que l'on demande de mettre en place en CP/CE1/6ème et Seconde! Chef d'établissement, il s'agirait de piloter l'établissement dont j'ai la charge, l'équipe qui le fait vivre sur les missions de l'école dans la République, par les résultats de ces fameuses évaluations! En somme, comparaison, concurrence entre établissements, "récompenses" pour les enseignants dits "performants", des parents qui joueraient sur leurs réseaux pour scolariser leurs enfants dans les établissements "réputés"...
Il est assez singulier de voir surgir les fondamentaux d'une école que défendait en son temps....Tony Blair! Ce "nouveau monde" et cette école de la performance proposée par le Ministre Blanquer ne sont que le retour à contretemps du "vieux monde" dont se sont inspirés en leur temps Ronald Reagan puis Margareth Thatcher! Faciliter le choix des usagers constitue une manière de viser une "normalisation" de l'école et d'en faire un bien comme un autre, au cœur d'un supermarché dans lequel on se sert sur les étals selon des critères publicitaires plus ou moins "justes"!
Je sais les enseignants avides de se former, d'être toujours à la recherche d'outils pédagogiques permettant une vraie transmission des savoirs, de leur organisation, très investis dans l'accompagnement des élèves dans cette démarche d'un esprit critique constructif. La politique d'évaluation est une véritable exigence. Mais elle doit être au service de la réussite des élèves, au cœur d'un projet d'établissement et faisant de l'égalité des chances une démarche véritablement partagée, comme la colonne vertébrale de outils pédagogiques, non au service d'une idéologie libérale destructrice, mais de la réussite de chacun et donc de tous.
Au moment où de nombreux pays tendent à délaisser le pilotage des établissements "par la preuve", notre Éducation nationale prend ce chemin!
Cette culture du management public, qu'il soit demandé aux chefs d'établissements ou aux équipes, est un leurre.
Au-delà, promouvoir l'école des territoires, idée à première vue séduisante que nous invite à mettre en œuvre "le nouveau monde" est un miroir aux alouettes au regard de notre histoire, de notre culture. Le nouveau management public en est "l'habillage" aujourd'hui! Ce modèle nous invite à nous éloigner des missions portées par les écoles dans la République pour emprunter des chemins aventureux! Plus que jamais la riposte s'impose! Le pilotage par la coopération est au cœur de mon ADN de chef d'établissement. "L'ancien monde" n'est pas celui que l'on veut nous "vendre" pour emprunter au langage des "néo-libéraux"! Je serai inlassablement vigilant afin d'offrir, avec mes collègues engagés, le meilleur aux élèves! Pour que demain ne ressemble pas aux vieilles lunes d'avant-hier!
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