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Le lac d’Annecy se vide de manière alarmante
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Températures caniculaires et absence de pluies abondantes : un cocktail détonnant pour le lac d’Annecy. Il est en train de s’assécher assez sérieusement. Les amateurs de baignade doivent marcher plusieurs centaines de mètres pour avoir les cuisses mouillées. Les bateaux, eux, restent à quai faute de tirant d’eau suffisant. Les élus en appellent à l’État.

En Haute-Savoie, le lac d’Annecy (27,59 km² de superficie et 82 m de profondeur) s’assèche dangereusement. Depuis environ un mois, son niveau d’eau n’en finit pas de baisser. Selon les dernières mesures effectuées ce lundi, il a même perdu 53 cm par rapport à sa cote légale de 80 cm. Et la situation devrait encore empirer ces prochains jours, faute de précipitations importantes à l’horizon. Une nouvelle chute importante de la quantité d’eau (10 cm supplémentaires ?) est donc fortement prévisible.
Conséquence directe de cette situation exceptionnelle : en certains endroits du lac, il n’y a plus du tout d’eau au bord. Une plage sablonneuse a littéralement poussé. Il faut donc s’éloigner de plusieurs dizaines de mètres pour avoir, enfin, les chevilles mouillées. Et il faut atteindre les 200 à 300 m du rivage pour, enfin, avoir de l’eau à mi-cuisse. Du jamais vu !
Premières victimes de cet assèchement historique : les loueurs de bateaux. Plusieurs se retrouvent au chômage technique ou quasiment. « Chez nous, 70 embarcations ne peuvent plus naviguer faute de tirant d’eau suffisant, explique le loueur Nautilac. Pour les hors-bords sans permis, nous les poussons, moteur relevé, jusqu’à 200 ou 300 m du rivage. Et nous n’autorisons que deux personnes à monter dessus, de manière à alléger le poids. Sinon, c’est l’ensablement ! »
Les croisiéristes touchés
Un autre professionnel, Trinquet Nautique, a été contraint d’arrêter la location des bateaux avec permis dès la fin du mois août. Il vient de prendre la même décision pour toutes les embarcations sans permis. « Notre saison touristique est fichue. C’est pire que lors de la canicule de 2003, parce que la situation dure beaucoup plus longtemps cette année. »
Même conséquence pour les navires de croisière. « Le niveau du lac est vraiment critique depuis quinze jours, mais nous sommes impactés depuis trois semaines, explique l’une des responsables de la Compagnie des bateaux du lac d’Annecy. Ce matin, nous avons décidé de réduire le nombre de nos croisières. La capacité des bateaux est également passée de 198 à 120 passagers, afin d’alléger un peu le poids et d’avoir un tirant d’eau suffisant. Cette situation n’a pas d’impact sur l’emploi de nos marins, mais cette arrière-saison est perturbée. »
C’est évidemment le très beau temps, les températures caniculaires de ces dernières semaines et le manque criant de pluie qui sont à l’origine de cet assèchement historique.
« On croit que le réchauffement climatique c’est pour 2050. Or c’est maintenant ! On le subit et on n’est pas du tout adapté. C’est la 5e alerte – et la plus forte – depuis 2003, explique Thierry Billet, vice-président climat-air-énergie du Grand Annecy. Le lac est très sensible au réchauffement, puisque seules deux petites rivières l’alimentent. Les jours de fortes chaleurs, nous perdons entre 1 et 2 cm d’eau par jour en raison de l’évaporation. »
Pour tenter de prévenir ces épisodes d’assèchement du lac, appelés à se multiplier durant la saison estivale, l’idée de Thierry Billet est de faire fluctuer les niveaux de l’eau au gré des saisons. De manière à constituer des stocks en hiver et au printemps en prévision des fortes températures d’été. « Mais pour cela, il nous faudrait une autorisation de l’État. Une cote stable de 80 cm toute l’année nous est, en effet, imposée depuis la fin du XIXe siècle. »
Pour parvenir à cette cote permanente, les agents du syndicat du lac d’Annecy jouent, alors, régulièrement avec les vannes alimentant le canal voisin du Thiou. Une manière de faire jugée archaïque et inadaptée aujourd’hui par les élus, et plus du tout en phase avec l’évolution du climat. « À l’État de prendre conscience que le réchauffement climatique c’est déjà maintenant ! »




