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Le journaliste Alexis Kraland doit être libéré
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Depuis 10h00, ce mercredi 3 octobre 2018, le photo-journaliste Alexis Kraland, convoqué par la police dans le cadre de sa couverture de la manifestation de la place de la Contrescarpe, le 1er mai à Paris, ne donne plus de nouvelles. Nous, reporters, journalistes, photographes, pigistes ponctuels ou permanents, demandons qu'il soit immédiatement relâché et qu'aucune charge ne soit retenue contre lui, et plus largement, que ces situations cessent immédiatement.
Depuis 10h00, ce mercredi 3 octobre 2018, notre collègue et ami, Alexis Kraland est en garde à vue.
Reporter indépendant, il a été convoqué par la Sûreté Nationale ce jour pour expliquer les raisons de sa présence, lors de la manifestation parisienne du 1er mai 2018.
Manifestation qui, on s'en souvient, avait été durement réprimée, par la police, mais également par des proches non assermentés du président de la République, Vincent Crase et Alexandre Benalla.
Alexis Kraland était ce jour là, en soirée, place de la Contrescarpe, sensiblement au même moment que le duo Benalla – Crase. Il a d'ailleurs vendu une vidéo à l'émission « Quotidien » présentée par Yann Barthès. Ses images ont été diffusées dans l'édition du 20 Septembre 2018.
On y voit un groupe de CRS frappant et gazant à plusieurs reprises un petit groupe de manifestant.es. On distingue très clairement qu' Alexis Kraland, pourtant identifié comme reporter, caméra à la main, se fait gazer à plusieurs reprises, au visage et sur l'objectif de sa caméra. Dans cette séquence, on constate une volonté manifeste des agents de police de nuire à l'intégrité physique et au travail d'Alexis Kraland.
Nous sommes sans nouvelle de notre confrère, depuis ce mercredi 3 octobre, 10h00, heure de sa convocation.
Nous savons que plusieurs personnes étaient également convoquées pour des faits de « participation à une manifestation violente ». Parmi elles, plusieurs ont été placées en garde à vue.
Nous dénonçons vigoureusement ces méthodes de placement en garde à vue de journalistes, photographes, reporters, pour le seul motif de leur présence sur une manifestation, certes violente, mais qu'ils documentent par leur travail. Nous dénonçons ce qui s'apparente à du harcèlement policier, dont l'objectif reste de pousser les journalistes, photographes, reporters indépendants à cesser de couvrir ces événements, où, souvent, ils sont les seuls à rapporter la violence des forces de l'ordres. Nous dénonçons cette méthode policière de plus en plus courante, qui consiste à nous empêcher physiquement et juridiquement de faire notre travail, d'effacer nos images, de détruire notre matériel, et ainsi nous empêcher de les diffuser sur tous supports de presse nationales ou internationales.
Au même titre qu'on ne reproche pas à un reporter de guerre d'être en zone de conflit, on ne peut reprocher à un reporter qui couvre une manifestation de « participer à une manifestation violente ».
Nous, reporters, journalistes, photographes, pigistes ponctuels ou permanents, demandons qu'il soit immédiatement relâché et qu'aucune charge ne soit retenue contre lui, et plus largement, que ces situations cessent immédiatement.
Premiers signataires :
Collectif La Meute,
Syndicat national des journalistes,
Revue Etats d'urgence
(d'autres signataires à venir...)




