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Roubaix : quatre délégués syndicaux en grève de la faim contre le plan social de Happychic
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Pour s’opposer à la suppression de 466 emplois, trois syndicalistes des enseignes Jules, Bezzbee et Brice attaquent leur quatrième jour de grève de la faim devant le siège de la société Happychic. Ils ont été rejoints par un quatrième hier. Après Pimkie, c’est une nouvelle entreprise de la galaxie Mulliez qui se heurte au refus de ses salariés d’être licenciés sans résister.

Changer de périmètre pour un meilleur plan social ou pas de plan social du tout, c’est ce que réclament depuis le 28 septembre trois grévistes de la faim de l’entreprise de prêt-à-porter. Ils sont maintenant quatre délégués syndicaux CFDT, CGT, et FO, à exiger que ce soit l’Association familiale Mulliez et non la seule entreprise Happychic qui soit prise en compte pour étudier la pertinence ou les contours d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).
Car si Happychic a vu ses bénéfices reculés cette année, bousculés par les transformations numériques affectant le secteur de la vente de prêt-à-porter, les comptes de la famille Mulliez, eux vont bien. Avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 80 milliards d’euros, la lignée des Mulliez (Auchan, Décathlon, Kiabi, etc.) occupe la place de cinquième fortune de France avec un patrimoine de 38 milliards d’euros. C’est tout l’enjeu de la revendication des grévistes de la faim. Un PSE sur le périmètre de l’Association familiale Mulliez « pourrait reclasser tout le monde et les indemnités seraient bien plus importantes pour ceux qui souhaiteraient partir », explique Laurent Petit, le dernier des quatre délégués syndicaux à avoir rejoint la grève de la faim.
Les ordonnances Macron en toile de fond
Pour le moment, le PSE lancé par Happychic prévoit la suppression de 466 emplois d’ici 2020-2021 et la fermeture de 88 magasins jugés non rentables par la direction sur un total de 629 en France. « Le groupe veut profiter des ordonnances Macron pour gagner plus d’argent en supprimant du personnel », assure Laurent Petit, délégué CGT et membre du CHSCT de Happychic. Le motif économique, nécessaire à la justification d’un PSE, a été évacué par la dernière loi travail. La bataille se concentre donc sur la reconnaissance de Mulliez comme donneur d’ordre pour les enseignes Jules, Bezzbee et Brice. « Le groupe Happychic est détenu à 80 % par la société Texo, détenue elle-même à 100 % par l’entreprise Soderec, détenu intégralement par la famille Mulliez. Il y a bien une affiliation » déroule le syndicaliste.
Pour autant, la direction d’Happychic ne l’entend pas de cette oreille. Conseillée par le grand cabinet d’avocat Capstan, elle réfute jusque là les arguments des représentants du personnel. De leur côté, les grévistes de la faim ont reçu des soutiens de leurs collègues dans le Nord. Une trentaine de personnes se sont relayées auprès d’eux à Roubaix et des messages leur demandant comment les aider leur sont parvenus de magasins d’autres régions. Autre renfort, celui de salariés de Pimkie touchés par un plan de départs volontaires concernant 208 employés, après la mise en échec d’une rupture conventionnelle collective en février.
Pour cette autre enseigne liée à la famille Mulliez, le plan de départs patine avec seulement 62 candidats déclarés. « C’est probablement la raison pour laquelle ils font un plan social chez Happychic », avance Valérie Pringuez, déléguée CGT au comité d’entreprise de Pimkie. Pour elle, rien n’est joué chez Pimkie comme à Happychic. Dans son entreprise, la directrice générale a été récemment écartée. Tout comme le cabinet Phospères, payé plus d’un million d’euros pour réorganiser l’enseigne, selon les syndicats présents au comité d’entreprise, et qui œuvre également chez Happychic depuis un an.
Combien de temps durera la grève de la faim ? Les quatre délégués syndicaux ne le savent pas et évalueront leur état de santé au fur et à mesure. Mais ils savent déjà qu’ils ne pourront pas compter sur le soutien de la ministre du Travail Muriel Pénicaud dans ce dossier. Juste après l’annonce du PSE chez Happychic, elle déclarait en juillet : « On ne peut pas garder les métiers du passé. »




