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Marseille : un 5e corps retrouvé sous les décombres
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les cadavres de deux hommes et deux femmes avaient déjà été découverts, mardi, dans les ruines de ces bâtiments du quartier très populaire de Noailles.

Deux jours après l’effondrement de deux immeubles vétustes dans le quartier très populaire de Noailles (Marseille), un cinquième corps a été retrouvé aux environs de 6 heures dans les décombres, a annoncé mercredi 7 novembre à l’Agence France-Presse le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. Il s’agit d’un homme.
Les cadavres de deux autres hommes et ceux de deux femmes avaient déjà été découverts par les secours, mardi, dans les ruines de ces bâtiments du quartier très populaire de Noailles. Selon les autorités, jusqu’à huit personnes pourraient avoir été ensevelies sous les gravats.
« Peu de chance » de retrouver des survivants
Les sauveteurs vont continuer mercredi à fouiller l’imposant tas de décombres à la recherche de survivants, mais les autorités craignent de trouver encore d’autres victimes. « Très, très vraisemblablement cinq personnes », ainsi que « trois visiteurs » se trouvaient dans l’un des immeubles effondrés, au numéro 65, rue d’Aubagne, a précisé mardi soir le procureur de la République de Marseille. Mardi soir les corps n’avaient pas encore pu être identifiés.
Il y a « peu de chances que l’on puisse trouver des poches de survie », avait prévenu dès lundi soir le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, l’effondrement d’un troisième immeuble, au 67 de la rue, en fin d’après-midi lundi, ayant écrasé les gravats du matin. Dès la catastrophe, les autorités avaient annoncé que les recherches pourraient durer plusieurs jours, les décombres qui se sont entassés ayant atteint jusqu’à 15 mètres.
Une pelleteuse prête main-forte aux secouristes pour dégager les débris les plus gros tandis que des équipes cynophiles avec des chiens spécialisés gravissent les monticules à la recherche d’indices. Mais les pluies torrentielles qui se sont abattues lundi soir et mardi matin ont ralenti la progression des secours et augmenté les risques.
105 personnes évacuées
Par petits groupes, de nombreux habitants des immeubles contigus ont pu accéder mardi après-midi à leurs logements afin de récupérer des affaires personnelles, mais il leur a été interdit de séjourner dans les immeubles par mesure de sécurité, a précisé le préfet de région, Pierre Dartout.
Cent cinq personnes évacuées par mesure de sécurité ont été relogées dans 60 chambres d’hôtels du centre-ville, a communiqué la mairie, critiquée par les habitants de la rue d’Aubagne, qui dénoncent le mauvais état des immeubles.
Parmi ceux qui se sont effondrés, le 63 était « fermé et muré », selon la mairie, qui l’avait racheté après avoir pris un arrêté de péril en 2008. Tout comme le 67, abandonné et muré depuis l’été 2012. En revanche, au numéro 65, 9 appartements sur 10 étaient habités. En copropriété, il avait fait l’objet, le 18 octobre d’« une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants », a assuré la mairie.
« La mairie le savait »
« C’est l’enfer ici, ils savent que c’est de la merde et des gens meurent pour rien », a dénoncé mardi auprès de l’AFP Toufik Ben Rhouma, un habitant, estimant que les effondrements sont « 100% de la faute de la mairie ». « C’est plein de cafards. Il y a des dégâts sur le plafond de l’eau qui coulait. Tout cela, la mairie le savait. J’ai fait venir quelqu’un [de la mairie] il y a moins d’un an grâce à l’assistante sociale. Mais le propriétaire a des connaissances à la mairie, alors ils n’ont rien fait », a quant à elle accusé Anissa Ali Souali, qui loue un studio avec son mari et ses trois enfants dans la rue.
La mairie qui a avancé l’hypothèse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe, s’est défendue en soulignant « l’énorme travail fait [pour] l’éradication de l’habitat indigne ». La municipalité a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème. Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de 100 000 habitants de Marseille.




