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Télétravail pendant les arrêts maladies: la proposition de Philippe
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Après avoir comparé, en août, les jours de congés maladie à des « jours de congés supplémentaires », Edouard Philippe dit s’intéresser à la possibilité de faire travailler les salariés malades en télétravail, pour « réduire les coûts » des arrêts maladies.
Le gouvernement lance la traque aux arrêts maladie
Le gouvernement cherche par tous les moyens à faire plaisir au Medef, et ses dernières trouvailles sont particulièrement inquiétantes pour la santé des salariés. Mercredi dernier, interrogé sur RTL, le premier ministre a déclaré vouloir étudier « comment on peut reprendre progressivement le travail », en favorisant le télétravail sur les arrêts maladies. L’idée ne vient pas de nulle part : elle a été présentée par un groupe de travail lancé par Matignon, sur la question des arrêts maladies. Dirigé par un DRH de Safran, un magistrat de la Cour des Comptes et un professeur de médecine, cette mission semble prête à tout pour faire d’énièmes cadeaux au patronat.
Parmi les pistes étudiées, celle de permettre à l’employeur de demander à ses salariés en arrêt maladie de travailler chez pendant leur arrêt de travail, mais aussi de renforcer le poids des contre-visites médicales. Sur la base de cette seule contre-visite, la Sécu pourrait maintenant arrêter le versement des indemnités journalières ! Finalement, le groupe de travail réfléchit à un nouveau moyen de calculer les indemnités journalières pour les arrêts maladies de moins de trente jours, autour d’un « forfait », qui, à coup sûr, diminuera les droits des salariés sous couvert d’une meilleure « lisibilité des droits ».
Rogner toujours plus sur les droits des salariés
Ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle offensive contre les salariés qui se prépare, sous le prétexte de la réduction des dépenses de la Sécu et de la lutte contre l’absentéisme au travail. Une logique générale prime, celle qui existe déjà au travail : un management agressif qui vise à mettre sous pression les salariés, même malades. Imaginez votre supérieur vous mettre la pression pour que vous travailliez chez vous alors que vous avez une jambe cassée ! Plutôt que de se concentrer sur la rééducation et le repos, votre employeur pourrait maintenant justifier que certaines maladies ne nécessitent pas d’arrêter le travail. Pire, dans le cas des burn-out et des dépressions, une contre-visite médicale d’un médecin (dont l’indépendance sera toujours très relative) pourrait vous obliger à retourner au boulot. Alors que les pressions managériales pour ne pas poser de congés maladies sont déjà très importantes dans les entreprises, cette pression pourrait maintenant s’inviter chez vous alors qu’un médecin a déterminé que, pour votre santé, l’arrêt de travail est nécessaire. Presser les salariés comme des citrons, voilà ce que propose une fois de plus le gouvernement.
Face à cette attaque, plutôt que négocier encore la casse de l’assurance-chômage, les syndicats devraient opposer un programme offensif pour la santé des salariés : le problème aujourd’hui n’est pas aujourd’hui le trou de la Sécu ou d’autres problèmes inventés par le gouvernement pour justifier ses contre-réformes, mais la non reconnaissance d’un grand nombre de maladies professionnelles, notamment tout ce qui touche aux pressions psychologiques au travail, et dont souffre une énorme partie du salariat, pour qui aller au travail signifie toujours être sous la pression constante d’une logique qui ne lâche pas leurs salariés jusqu’à les avoir pressés.




