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La Ballade de Buster Scruggs
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://npa2009.org/idees/culture/la-ballade-de-buster-scruggs
Film (États-Unis) de Joel et Ethan Coen, 2 h 13min, disponible sur Netflix.
C'est le dernier film des frères Coen. Les fans y retrouveront leur patte, et ne seront pas déçus. L’humour, le hasard, la surprise, la violence toujours présente : tout est en place pour faire de cette œuvre une réussite.

Les frères Coen… et Netflix
Le film est composé d’une succession de 6 épisodes qui se déroulent dans l’Ouest américain, très différents les uns des autres mais où la mort vient ponctuer chaque récit. Les styles y sont très variés, de la farce au western spaghetti, de la ruée vers l’or, dans une nature sublimée, à la conquête de l’Ouest jusqu’au final « timburtonien ». Les dialogues y sont ciselés à souhait, souvent à contre-emploi et le rythme des épisodes qui se succèdent laisse peu de temps aux spectateurEs pour assimiler la chute du précédent. Bref il vaut mieux voir ce film plusieurs fois.
Problème : vous ne pourrez pas le voir en salle. Le film est produit par la plateforme Netflix et ne peut être vu qu’en streaming, sur nos écrans personnels, en s’abonnant. Les frères Coen se justifient en expliquant que Netflix « s’engage et dépense de l’argent sur des films qui ne sont ni des adaptations des Comics Marvel ni des franchises du cinéma, ce qui est actuellement ce que font les studios ». C’est effectivement un problème, avec une exception en France, qui protège son industrie cinématographique par l’aide aux financements et qui interdit la diffusion en salle des films produits par la plateforme. Pour combien de temps ?
La Ballade de Buster Scruggs a été primé à la Mostra de Venise 2018 et, si Netflix n’a pas pu présenter ses productions à Cannes cette année, il est incontournable sur le marché du film. Le film apparaît bien comme un joli coup du géant étatsunien dans la pénétration du marché du cinéma, voire sa déstabilisation. À suivre.
Jean-Marc Bourquin




