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D’où vient la nouvelle charte des gilets jaunes demandant le Frexit ?

Gilets-jaunes

Brève publiée le 14 décembre 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Capture d'écran

Se présentant comme la «charte officielle des gilets jaunes», une nouvelle série de 25 revendications circule sur les réseaux sociaux depuis la semaine dernière. Elle a été rédigée, selon ses auteurs, par un groupe n'ayant aucun contact avec les porte-parole connus.

Question posée par Vincent le 07/12/2018

Bonjour,

Nous avons reformulé votre question : «Une prétendue charte des «gilets jaunes» a circulé ce vendredi 7 décembre, repérée par Vincent Glad, journaliste à Libération. Quelle est sa provenance ? Par qui est-elle diffusée ? Comment est-elle reçue parmi les «gilets jaunes» ?»

Depuis quelques jours, l’image de cette «charte officielle des gilets jaunes» proposant «25 propositions pour sortir de la crise» est largement partagée, et commentée, sur les réseaux sociaux. Un point notamment retient l’attention : la revendication d’un «frexit». 

La charte a été diffusée pour la première fois le 5 décembre à 23h38 sur la page Facebook éponyme «Charte des gilets jaunes», créée pour l’occasion.

Plusieurs autres listes de revendications avaient circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Priscillia Ludosky et Eric Drouet, deux des huit porte-parole désignés le 26 novembre, avaient remis une série de «doléances» au gouvernement le 27 novembre. Le 30 novembre, une nouvelle série de 42 «directives du peuple», issues d’un sondage diffusé dans plusieurs groupes de soutien au mouvement et qui aurait rassemblé 30 000 personnes, a été transmise à quelques députés et à divers médias.

Dans cette toute nouvelle liste de 25 propositions, on retrouve des mesures similaires à celles qui figuraient déjà dans celle du 30 novembre : «Une augmentation du Smic, des retraites et des minima sociaux de 40%» (proposition n°2), «Punir lourdement les préfets et les maires qui laissent les SDF dormir dehors» (proposition n°4), ou encore l’interdiction des lobbies et la fin du cumul des mandats (proposition n°8).

D’autres propositions semblent en revanche plus inédites, comme «mettre fin au système du franc CFA» (proposition n°23), «empêcher les flux migratoires impossibles à accueillir ni à intégrer» (proposition n°24), ou encore sortir de l’Otan (proposition n°22) et de l’Union européenne (proposition n°9). Soit une orientation souverainiste (et anti-immigration) plus marquée que dans d’autres textes publiés par des gilets jaunes.

Contactés par CheckNews, les initiateurs de cette charte seraient au nombre de 8, «deux chômeurs, deux salariés au Smic, deux ouvriers au Smic, un cadre moyen et une personne en profession libérale», disséminés «dans les environs de Bordeaux, Nîmes, Marseille, Toulon, Paris et Liège». Ils se seraient connus «dans des groupes Facebook qui abordent des sujets politiques», puis se seraient réunis «afin d’échanger de vive voix à l’occasion d’événements tel qu’un anniversaire» et discutent aujourd’hui de manière «quasiment quotidienne» virtuellement, «sur Skype, entre autres».

Nous ne sommes pas en mesure de confirmer ces informations, n’ayant pas obtenu l’identité des intéressés.

Ces derniers souhaitent en effet garder l’anonymat et affirment n’être pas entrés en contact (ni vouloir le faire) avec un porte-parole du mouvement. Contacté par CheckNews, Eric Drouet, un des initiateurs des gilets jaunes et porte-parole le plus médiatique du mouvement, assure n’avoir pas eu vent de cette charte avant sa publication. Tout en se disant favorable «dans l’ensemble» à cette charte, et notamment au Frexit. «Elle reprend les grandes lignes de celles que nous avions présentées», affirme-t-il.

Un indice indique une grande proximité (à tout le moins au plan des idées) entre les auteurs de la charte et l’auteur du blog Le Libre Penseur. En effet, moins de trois heures après sa publication, la charte était relayée sur Twitter par Salim Laïbi, auteur du blog en question, dans lequel il assure la soutenir «à quasiment 100 %». Ce dernier y fait d’ailleurs référence dans une vidéo sur le mouvement des gilets jaunes publiée sur sa chaîne YouTube «Actu au scalpel». Un «très bon travail», estiment en retour les créateurs de la page Facebook «Charte des gilets jaunes». Salim Laïbi n’a pas répondu à CheckNews.

Plusieurs propositions, ainsi que l’utilisation de l’expression «Frexit» – qui évoque la sortie de l’UE –, pourraient faire penser à une initiative de l’Union populaire républicaine (UPR), parti de François Asselineau. Son entourage assure à CheckNews, ne pas avoir «diffusé cette charte sur ses supports officiels nationaux» ni «participé à sa réalisation» et ignore «qui a réalisé ce document».

Les créateurs de la page Facebook «Charte des gilets jaunes», se revendiquent «tous abstentionnistes» et certifient ne compter aucun élu dans leurs rangs, ni appartenir non plus à aucun parti politique. Ils ont d’ailleurs annoncé à CheckNews qu’une deuxième version «optimisée» de la charte était en préparation. Dans celle-ci, «il est prévu d’ajouter l’abolition des privilèges réservés aux élus».

Ces gilets jaunes anonymes voient plus loin : ils revendiquent un rayonnement extra-national – dans les médias africains francophones notamment –, des versions en anglais et en italien sont disponibles et ils travaillent actuellement sur des versions en espagnol et en allemand.

Cordialement,

Kevin Poireault

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le CFPJ pour le journal d’application de la promotion 47.