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Compétitivité : vers un choc antisocial ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Hollande a annoncé son « agenda 2014 », qui signifie pour l’essentiel l’accentuation de la baisse des dépenses de Santé et la « modernisation » du marché du Travail. Le train de mesures envisagé serait censé permettre le « choc » revendiqué par le patronat.
Depuis l’élection de François Hollande, de nombreux éditorialistes posaient l’angoissante question de savoir s’il serait à la hauteur de Gerhard Schröder. On se souvient en effet que celui-ci mena une offensive sans merci contre les travailleurs d’Outre-Rhin.
Le 9 septembre, lors de son intervention télévisée, Hollande a répondu : l’objectif est bien de marcher dans les pas de Schröder. D’où l’abandon explicite de toute velléité d’amélioration de la situation du monde du travail pour les deux ans qui viennent.
Le recours au terme de « choc de compétitivité » indique bien l’ampleur de ce qui se trame. Il faut savoir que depuis 30 ans on assiste à une érosion continue des parts de marché françaises à l’export (3, 8 % en 2010 contre 6 % en 1980) que les capitalistes expliquent principalement par « le coût du travail »...
Des négociations à haut risque
C’est dans ce cadre que le 7 septembre, Michel Sapin, le ministre du Travail, a lancé avec les « partenaires sociaux » des négociations. Elles visent à trouver un accord pour « moderniser » le marché du travail. Le « document d’orientation » diffusé par Sapin pour cadrer ces discussions est révélateur.
Ce document évoque ainsi la lutte contre la précarité pour préconiser une modulation des taux de cotisations sociales. Il s’agit d’une vieille revendication patronale visant à faire baisser les salaires réels via la baisse des cotisations sociales.
De même, les négociateurs sont invités à reprendre les débats relatifs aux accords compétitivité-emploi : on autoriserait des accords d’entreprise prévoyant des baisses de salaires en échange d’engagements patronaux sur le maintien de l’emploi. En clair, on légaliserait le chantage patronal à l’emploi....
Tout ceci est d’ailleurs attendu avec impatience par le patronat. Ainsi Carlos Tavares, DG de Renault, annonce déjà son intention de conclure des accords de ce type, en précisant que « quand la création de richesse est faible, tout le monde doit accepter des compromis ». Tout le monde est prévenu !
Enfin, tout un pan de document préconise en fait l’assouplissement du droit des licenciements, préalable à la mise en œuvre de la « flexisécurité », de la précarisation généralisée.
Négociations ou chantage ?
Ce n’est pas tout. Le document d’orientation se conclut par un rappel de « la gravité de la situation », justifiant donc ainsi la nécessité de conclure au plus tard fin 2012. Hollande et Sapin ont par ailleurs précisé que si aucun accord n’était trouvé, « l’État prendra ses responsabilités ».
La menace est à peine voilée. Les négociateurs syndicaux qui auraient la velléité de s’opposer aux contre-réformes en gestation sont prévenus qu’au final, les mesures prises par le gouvernement pourraient être encore plus dures. En clair, Sapin fournit aux directions syndicales un alibi pour entériner les revendications patronales.
Défendre les acquis ou collaborer avec le gouvernement ?
On ne peut donc minimiser les risques des négociations qui s’ouvrent. En fait, le gouvernement reprend la question là où l’avait laissée Sarkozy, dans un contexte d’aggravation de la crise capitaliste. Il s’agit de faire des travailleurs une variable d’ajustement, en démantelant des pans entiers du droit du Travail.
Pourtant, Bernard Thibault (CGT), s’est immédiatement déclaré prêt à « discuter de la compétitivité », appréciant le document de Sapin comme « ménageant la chèvre et le chou » (donc discutable). FO est plus discrète, mais sa position est similaire.
Mais comme on l’a vu, rien de bon ne peut sortir des négociations Sapin. Participer à de telles négociations, c’est déjà accepter de se situer sur le terrain de reculs sociaux. C’est ce qui justifie de tout faire pour que ces négociations ne se tiennent pas, de militer contre la participation syndicale à ces discussions.
Au-delà, ce qui est en jeu, pour les luttes qui s’annoncent, c’est que les salariés, les syndiqués, les militants imposent au mouvement syndical de rompre avec la politique de concertation pour se situer en opposition à ce gouvernement antisocial.
Pascal Morsu




