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Défaite annoncée du triomphe, ou triomphe de la défaite ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Une ligne de haute tension devrait traverser le réveillons-nous du 31 décembre.
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Pour ce 31 décembre 2018, date de bascule vers un an résolument neuf (deux mille dix-neuf), a été appelé à l’initiative des Cerveaux non disponibles, un Réveillon des Gilets jaunes sur les Champs-Elysées. Outre qu’un tel rassemblement risque fort de ne pas passer comme une lettre à la poste aux yeux du pouvoir bunkérisé, il va se heurter à un autre rassemblement, maintenu par la Ville de Paris, où sont attendues 300.000 personnes : un spectacle son et lumière suivi d’un feu d’artifice, à partir de 23 h 30, pour « dire au revoir en beauté à 2018. »
Cet événement de la plus haute importance devrait , selon Le Figaro, éclairer la devise de la République. Signalons au passage que la devise « Liberté, égalité, fraternité » fut d’abord un slogan révolutionnaire forgé en 1791 par Antoine-François Momoro (1756-1794), fils d’immigré, maître-imprimeur et libraire parisien à partir de 1787, guillotiné en 1794 (1). La Commune de Paris fut la première à adopter la formule lorsque son maire, Jean-Nicolas Pache, ordonna le 21 juin 1793 de faire peindre sur les murs de la maison commune, les mots suivants : « La République une et indivisible - Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort ».
Le son et lumière projeté sur l’Arc de Triomphe, d’une durée de 20 minutes, est une co-production de la Ville de Paris et de Monoprix. Selon Le Parisien-Aujourd’hui, sa réalisation a été confiée à la société Athem, pour la bagatelle de 462.000 € (ce qui met la minute à 23.000 €). La société Athem, qui a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros, avec un bénéfice en fin d’exercice de 916.000 €, est une société par actions simplifiée à associée unique, présidée par un financier, Philippe Ligot, qui dirige sept entreprises, toutes spécialisées dans les montages financiers.
Inauguré le 29 juillet 1836 pour le sixième anniversaire des Trois Glorieuses, l’Arc de Triomphe relève d’un choix hautement symbolique. Pour son inauguration fut prévue une grande revue militaire en présence de Louis-Philippe. Mais, visé par un attentat le 25 juin (dont l’auteur, un jeune anarchiste de 26 ans, fut condamné à mort et guillotiné quelques jours plus tard), le roi décida de s'en abstenir. La revue militaire fut décommandée et remplacée par un grand banquet offert par le roi à trois cents invités, tandis que le monument fut découvert en catimini à sept heures du matin, en la seule présence d'Adolphe Thiers et de son ministre des Finances, Antoine d’Argout (qui a donné son nom à une rue du 2e arrondissement de Paris, à proximité du siège de la Banque de France). N’oublions pas toutefois que c’est Napoléon 1er qui souhaita initialement l’érection de ce bâtiment. Au lendemain de la bataille d’Austerlitz, il déclarait aux soldats français : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe », se référant aux arcs de triomphe érigés sous l’Empire romain afin de commémorer un général vainqueur défilant à la tête de ses troupes.
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Nul doute que les soldats de la Macronie, sous l’autorité de l’Empereur Jupiter 1er, seront sur les dents, passablement et nerveusement échaudés par le fait d’être ainsi mobilisés et privés de « rentrer dans leurs foyers » pour fêter le réveillon en famille, et décidés, sans nul doute, à mater la guerre civile qui vient ; d’autant que le Père Noël élyséen vient de leur promettre un nouveau jouet (appel d’offre publié au Bulletin Officiel des Annonces des Marchés publics pour « l’acquisition de lanceurs multi-coups ») : 450 nouveaux fusils pouvant tirer des munitions en rafale (des « super Flash-Balls », avec un barillet, qui permet de shooter 6 cartouches en quelques secondes), mais aussi 1280 « lanceurs mono-coups » supplémentaires (il s'agit des désormais célèbres LBD 40, ces fusils dotés d'un viseur, ces « Flash-Balls » très puissants et précis qui ont éborgné et blessé des centaines de manifestants).
Le simple fait d’avoir sur soi (y compris dans le sac) un simple gilet jaune étant désormais considéré comme port d’arme de catégorie arbitraire, il est probable que les « arrestations préventives » (un concept inventé par la Macronie en dehors de tout cadre légal) vont se multiplier aux abords des Champs-Elysées. Il ne s’agirait tout de même de gâcher la fête de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, des mots dont tout un chacun peut mesurer l’ampleur que leur donne un pouvoir aux abois.




