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Chavez réélu pour six ans
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Après dépouillement de 90% des bulletins de vote, le président sortant, au pouvoir depuis près de 14 ans, a remporté 54,42% des suffrages, contre 44,97% à son rival de droite.
Les partisans du président ont afflué dans les rues de Caracas et allumé des feux d'artifices pour célébrer la victoire d'un homme qui a un statut quasi-messianique parmi les pauvres de son pays, tandis que le soulagement était également de mise chez ses alliés dans la région, cubain et bolivien, qui comptent sur la manne pétrolière vénézuélienne pour leur financement.
"Chavez est l'espoir du peuple et de l'Amérique latine", a déclaré Mary Reina, 62 ans, qui vit dans le quartier pauvre à flanc de colline où vote le président au béret rouge.
L'ambiance était au contraire à la tristesse au siège de campagne d'Henrique Capriles où certains de ses partisans étaient en pleurs.
L'air abattu, Henrique Capriles a accepté sa défaite et adressé ses "félicitations" au président. Le jeune quadragénaire s'est dit fier du grand nombre d'électeurs qui ont choisi de voter pour lui.
L'opposition, unifiée sous la bannière de la coalition Unité démocratique, va désormais se préparer aux élections régionales de décembre où elle tentera d'accroître son influence au niveau local.
Depuis son arrivée au pouvoir fin 1998, l'ancien militaire haut en couleurs s'est posé en porte-drapeau de "l'anti-impérialisme", critiquant allégrement les Etats-Unis tout en se liant à des régimes critiqués par l'Occident comme l'Iran ou la Biélorussie.
PANNES DE COURANT
Se voulant l'héritier du héros de l'indépendance Simon Bolivar, Hugo Chavez a consacré les dollars du pétrole vénézuélien à des programmes de lutte contre la pauvreté, jouant habilement ses origines modestes pour établir une relation étroite avec le peuple.
Cela lui a permis d'assurer sa réélection pour un nouveau mandat de six ans, confortée par un taux de participation record de 80%. Mais le score important réalisé par l'opposition montre une montée du mécontentement populaire face aux problèmes de base non résolus par le président sortant : criminalité, mauvais état des routes, pannes de courant et corruption endémique à tous les niveaux.
Par le passé, le président Chavez a souvent profité de ses victoires électorales pour mettre en oeuvre des réformes radicales. Son coût pour les nationalisations pourrait toucher de nouveaux secteurs comme la banque, l'alimentaire ou la santé.
Après avoir modifié la constitution pour permettre à un candidat de se présenter autant de fois que possible, Hugo Chavez pourrait aussi être tenté retoucher une fois encore la loi fondamentale pour maintenir sa formation, le Parti socialiste, si le cancer, qu'il semble avoir vaincu pour l'heure, devait revenir. Pendant une année de soins, entre la mi-2011 et la mi-2012, Hugo Chavez a subi trois opérations pour deux tumeurs cancéreuses, ainsi qu'une chimiothérapie, qui l'ont laissé chauve et épuisé. Il n'en a pas moins réalisé une fin de campagne énergique, se prenant même à danser, chanter ou jouer de la guitare.
Le président entamera son nouveau mandat le 10 janvier.
Sa réélection se traduira vraisemblablement par une augmentation des investissements de la part des pays alliés comme la Chine, la Russie, l'Iran ou la Biélorussie. Les relations avec Washington devraient rester tendues mais cela n'a pas empêché l'or noir vénézuélien de couler à flot vers les Etats-Unis ces derniers années.




