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Italie : plusieurs villes se liguent contre le décret anti-immigration
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le texte du ministre de l'Intérieur prive les mairies de la possibilité de délivrer une carte d'identité ou une inscription au service sanitaire national.
Un texte "inhumain" et "criminogène". Plusieurs maires de grandes villes italiennes refusent d'appliquer le décret-loi anti-immigration du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, à commencer par le maire de Palerme qui a pris, jeudi 3 janvier, la tête de cette fronde contre le puissant représentant d'extrême droite. L'édile a annoncé qu'il suspendait l'application du décret-loi Sécurité et immigration "pour ce qui relève des compétences des communes".
C'est un texte inhumain parce qu'il viole les droits de l'Homme, et criminogène parce qu'il transforme en illégaux des personnes qui se trouvent légitimement sur notre territoire.
Leoluca Orlando, maire de Palerme dans un discours
Le maire, Leoluca Orlando, conteste en particulier la mesure qui interdit l'obtention du droit de résidence à une personne disposant d'un permis de séjour sur le territoire. Elle prive les mairies de la possibilité de délivrer une carte d'identité ou une inscription au service sanitaire national, cette dernière étant obligatoire pour accéder aux prestations de santé comme le médecin de famille.
Une possible évaluation du texte en justice
La réplique de Matteo Salvini ne s'est pas fait attendre. "Tu veux désobéir ? Je ne t'envoie pas l'armée", a-t-il répondu ironiquement au maire sicilien dans une vidéo postée sur Facebook, annonçant qu'il se rendrait prochainement à Palerme pour "livrer aux citoyens une villa avec vue sur mer confisquée à un mafieux", a ajouté le ministre et chef de file de la Ligue (extrême droite).
Certains maires regrettent les temps passés de l'immigration, mais pour eux aussi la belle vie c'est fini.
Matteo Salvinisur Facebook
Plusieurs élus ont emboîté le pas de leur collègue sicilien, parmi lesquels les maires de gauche de Naples et de Florence mais aussi le maire de Parme, Federico Pizzarotti, dissident du Mouvement 5 Etoiles (M5S), le parti populiste qui forme avec la Ligue la coalition au pouvoir en Italie. L'association des villes italiennes montrait des signes de désaccord, jeudi, face à la polémique qui enfle.
Il est aussi question d'engager la bataille sur le terrain judiciaire, le maire de Palerme ayant annoncé son intention de saisir un juge pour que soit évaluée la constitutionnalité de la loi adoptée cet automne par le Parlement à majorité Ligue-M5S.




