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SNCF : l’État ouvre à la concurrence les lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
À partir de 2022, les deux lignes ferroviaires pourront être exploitées par une autre entreprise que la SNCF.
La concurrence à la SNCF devient réalité. Ce mercredi, le gouvernement a annoncé l’ouverture à la concurrence de deux lignes ferroviaires classiques : Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux. Une première dans l’histoire de la SNCF. Six mois après le vote par le Parlement de la réforme ferroviaire qui a vu la fin du statut des cheminots pour les nouveaux salariés embauchés, la transformation de l’entreprise en société anonyme et la possibilité d’ouvrir à la concurrence les trains de voyageurs, l’État passe aux travaux pratiques.
Concrètement, comment cela va-t-il se passer ? D’ici à la fin de la semaine, le ministère des Transports va publier un avis de pré-information sur l’ouverture à la concurrence de ces deux lignes. Cet avis permettra d’informer les entreprises qui souhaitent candidater pour gérer ces lignes. Ensuite, dans 12 mois, l’appel d’offres sera lancé. Il sera assorti d’un cahier des charges dans lequel l’État notifiera le type de service qu’il souhaite mettre en place et notamment la fréquence des trains. Et ce n’est qu’en 2022 que le gagnant, la SNCF ou un concurrent, se verra confier ces deux lignes.
«Pas dans une logique de dumping social»
« Il ne s’agit pas de sortir la SNCF, prévient le ministère des Transports. Nous ne sommes pas dans une posture de défiance. Chacun a ses chances. Nous voulons la mise en place de nouveaux services, des innovations, une amélioration de la qualité de service et pourquoi pas une baisse des coûts. Mais ce n’est pas le seul critère. Nous ne sommes pas dans une logique de dumping social. »
Actuellement, ces deux lignes appartiennent à la grande famille des trains d’équilibre du territoire (TET), des trains classiques, ancêtre des Corail, plus communément appelés aujourd’hui Intercités. Ces lignes, au nombre de huit (Paris-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand, Bordeaux-Marseille, Nantes-Bordeaux, Toulouse-Hendaye et Nantes-Lyon et deux trains de nuit : Paris-Briançon et Paris-Rodez/Latour-de-Carol), sont financées par l’État qui en est l’autorité organisatrice et sont exploitées par la SNCF.
Des lignes pas choisies au hasard
Actuellement, le Nantes-Bordeaux transporte 680 000 passagers par an et 380 000 pour le Nantes-Lyon, et coûte aux finances publiques 25 M€ chaque année. Des lignes ouvertes à la concurrence qui n’ont pas été choisies au hasard. « C’était compliqué de tout ouvrir en même temps, justifie le ministère des Transports. Nous avons choisi celles dont le réseau aura été rénové et le matériel roulant renouvelé. » Les six autres lignes, dont le Paris-Limoges, vont connaître d’importants travaux de rénovation des voies, il faudra attendre au-delà de 2022.
Avec cette première ouverture à la concurrence, en cas de défaite de la SNCF lors de l’appel d’offres, l’État testera pour la première fois le transfert des cheminots vers l’entreprise concurrente. Selon le ministère des Transports, quelques dizaines de cheminots travaillent sur ces deux lignes. Un transfert qui pourrait vite devenir un sujet explosif. Aujourd’hui, ses modalités précises n’ont toujours pas fait l’objet d’un accord entre les syndicats et le patronat réuni au sein de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP). Les deux parties ont trois mois pour y parvenir, faute de quoi c’est l’État qui imposera ses modalités, avec le risque de créer de nouveaux mécontentements.




